La paroisse de Saint-Priest-Ligoure en Limousin (1/3)

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En-tête du registre paroissial de Saint-Priest-Ligoure pour l’année 1737.

Je complète mon article précédent dédié à la paroisse de Freissinet, en suivant le même format pour la paroisse voisine de Saint-Priest-Ligoure, à laquelle elle a été fusionnée pendant la période révolutionnaire pour créer la commune de Saint-Priest-Ligoure, aujourd’hui dans le canton d’Eymoutiers, au sud de l’arrondissement de Limoges, en Haute-Vienne.

Ce premier article ne couvre que la période 1737-1751 correspondant au premier registre paroissial disponible en ligne pour cette paroisse.

J’ai réalisé ici un relevé des mariages de ce registre ainsi que de tous les actes qui faisaient apparaitre des individus porteur d’une marque notabilité ou de noblesse.

Les principaux écarts de Saint-Priest-Ligoure

Dans le Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne d’A. LECLER, les principaux écarts de Saint-Priest-Ligoure, hors ceux de Freissinet déjà mentionnés dans l’article précédent :

Lavergne (Château de). — L’ancien château de La Vergne a été remplacé vers 1780 par un autre, qui est une belle construction moderne. Depuis longtemps la famille de Bony possédait ce lieu, car on trouve dans le cartulaire d’Uzerche un acte de l’an 1000, dans lequel Aimeric de Pierrebuffière parle des revenus qu’il possédait dans le mas des de Bony, paroisse de Saint Priest-Ligoure. On voit par là ce que vaut la théorie à la mode sous Louis XIV, qui a prétendu que les de Bony étaient venus d’Italie, plusieurs siècles après cette date.

La famille de Bony a formé plusieurs branches, mais la branche aînée, les marquis de Bony, sont toujours au château de La Vergne. Leurs armes sont de gueules à trois besants d’argent 2 et 1, avec la devise : « Bisantiis nummis pauperibus adest ».

Leyssènnes. — Raymond de Bony, chevalier, en 1218, cédait à Jean Prator deux terres au mas de Leyssènes. Nicolas Baillot, seigneur de la Blanchardie, possédait des rentes féodales sur Leyssennes. Il les vendit au XVIe siècle à M. de Joussineau, seigneur de Fressinet.

Les familles notables de Saint-Priest-Ligoure identifiées de 1737 à 1751

Dans ce premier registre des archives, le plus ancien mis en ligne sur le site des Archives départementales de la Haute-Vienne, les prêtres et vicaires successifs ne précisent jamais les liens de parenté qui relient notamment les parrains, marraines et témoins, ce qui limite la capacité à reconstituer des familles ramifiées, au-delà des filiations.

Les nobles

Une famille noble, abondamment documentées par les auteurs spécialisés, est présente sur la paroisse :

Les notables

Les noms des familles notables implantées à Saint-Priest-Ligoure sur la période suivent :

  • BARRIERE, c’est notamment la famille d’un maître chirurgien et d’autres membres qu’il est impossible en l’état actuel des informations de relier entre eux
  • BLONDEAU, famille peu représentée sur la période, implantée au village du Monteil. On trouvera ici le suivi de ses membres sur 2 générations
  • BOUTOT, patronyme courant à Saint-Priest-Ligoure, dont deux familles, pour l’instant non reliées, semblent jouir d’une certaine notabilité au village de la Jugie. Elles sont présentées ici sur 3 générations pour la plus suivie
  • CHASSAGNE, comme à Freissinet, la famille – ou les familles – appartiennent à la petite notabilité et tous leurs membres n’en portent pas les signes. Voici la synthèse des informations recueillies sur les deux paroisses
  • DESBANCAUD, patronyme abondant à Saint-Priest-Ligoure, qui n’est jamais confondu avec la forme BANCAUD. Les homonymies ne simplifient pas l’identification des branches, dont les notables se retrouvent au bourg ainsi qu’au village des Lièvres, et dont au moins un prêtre et un notaire sont  issus. On rassemble ici les éléments connus pour ces familles
  • LURET (de), famille de bonne notabilité implantée au village de Chetouillas. Vous retrouverez ici les éléments recueillis sur cette famille, ainsi que les signatures identifiées pour les individus isolés

J’ajoute à cette liste une dernière famille, non originaire de Saint-Priest-Ligoure

  • CHABROL, famille originaire de Saint-Jean-Ligoure dont certains membres son régulièrement mentionnés à Saint-Priest-Ligoure, et une alliance se trouve aussi à Freissinet. On trouvera ici quelques éléments assemblés, ainsi que les signatures des individus isolés

Je vais maintenant poursuivre mes recherches dans les registres suivants de Saint-Priest-Ligoure.

Mais ceci est une autre histoire…

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La paroisse de Freissinet en Limousin

Malgré mon silence, dû à de nombreux changements en 2016 qui m’ont laissé trop peu de temps pour alimenter ce blog, je n’ai pas cessé de faire de la généalogie. Comme je souhaite recommencer à partager mes avancées, au bénéfice éventuel de quelques lecteurs-cousins ou tout simplement de la connaissance collective disponible sur internet, je cherche à présent des formats plus courts.

Voici donc un premier article sur ce modèle, qui a surtout vocation à mettre en ligne un relevé patronymique systématique des registres paroissiaux de Freissinet (les notables apparaissent en gras) que j’ai pu réaliser au fil de mes recherches.

Où est Freissinet ?

La paroisse de Freissinet n’a été que pendant trois ou quatre ans une commune révolutionnaire avant d’être rattachée à Saint-Priest-Ligoure, aujourd’hui dans le canton d’Eymoutiers, au sud de l’arrondissement de Limoges, en Haute-Vienne.

situation
La paroisse de Freissinet, située par rapport à Limoges et Saint-Yrieix(-la-Perche), avec les paroisses limitrophes. Carte : Géoportail

Les principaux écarts de Freissinet

Le Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne d’A. LECLER, que j’ai découvert patiemment réédité par les Archives départementales de la Haute-Vienne, mentionne les principaux écarts de Freissinet, avec les indications suivantes :

Fressinet était une cure dans l’ancien archiprêtré de La Meyze, qui avait pour patron saint Pierre- ès-Liens Le prieur de Saint-Gérald de Limoges en nommait les titulaires, ce fut ensuite l’évêque après l’union de ce prieuré à l’hôpital de Limoges. Au XVIIIe siècle on y comptait 260 communiants, environ 348 habitants. Une vicairie avait été fondée dans cette église par Constantin Bernard, damoiseau, en 1362. Une autre par un de Lur, seigneur de Freyssinet.

Ont été curés de Freyssinet : Pierre Dupuy, 1442. – Guillaume de Puymaigre, en 1483. – Guillaume de Peyrusse, en 1486. – Aymery de La Douyrye, en 1561. – N… de Maumont, 1762. – Pierre Chabrol, en 1779, qui fut déporté pendant la Révolution.

Tourdonnet (Château de). — La famille de Joussineau qui florissait au XIe siècle, portait primitivement le nom de Fressinet, terre dont elle possédait aussi la seigneurie. Pierre de Joussineau, seigneur de Fressinet et de Tourdonnet, mourut vers 1340. Elle a formé plusieurs branches en Limousin. Ses armes sont de gueules au chef d’or.

Les familles notables de Freissinet au XVIIIe siècle

A partir de la manière de qualifier les personnes apparaissant dans les actes de la paroisse et de leurs professions, j’ai progressivement pu repérer des familles notables de la paroisse sur la période considérée.

Les prêtres successifs sont assez précis en général et utilisent avec constance les prédicats de « sieur » pour les hommes et de « demoiselle » pour les dames notables, corroborés par les professions mentionnées (aubergiste, praticien, notaire, commerçant, marchand) ou les qualifications sociales (fermier et bien sûr « écuyer » ou « chevalier »).

Les nobles

Quelques familles nobles, abondamment documentées par les auteurs spécialisés, sont présentes sur la paroisse :

  • JOUSSINEAU de TOURDONNET (de), demeurant au château de Tourdonnet. Seigneurs historiques de Freissinet, leur généalogie est bien connue et détaillée dans le tome 7 des Généalogies limousines et marchoises (GLM) dont j’ai déjà parlé dans ce blog,
  • MAUMONT (de), demeurant au château de Savèze. Cette famille bien connue en Bas-Limousin, est présentée dans le tome 18 des GLM, y compris ses membres rattachés à Freissinet.

Les notables

Les noms des familles notables implantées à Freissinet sur la période suivent :

  • BUISSON, famille importante au bourg de Freissinet, dont les membres ont été fermiers du château. J’ai dressé ici la synthèse des informations recueillies à son sujet sur 3 générations suivies, à partir des seuls registres paroissiaux de Freissinet – source évidemment partielle. J’en descends par deux branches que j’espère réconcilier, ce qui m’a amené à ces recherches sur Freissinet,
  • CHASSAGNE, famille de petite notabilité qui réside dans le village de Chassagne dont un membre, « praticien » de métier, n’est pas systématiquement qualifié de « sieur » dans les actes. Voici ici la synthèse des informations recueillies sur 2 générations,
  • FAUCHER, il s’agit de la famille de l’aubergiste du lieu de La Croix de la Chabanne,
  • GUESPIN alias GUESPIN du CLAUD alias GUESPIN de LA JUGIE, famille jouissant d’un certain prestige à Freissinet, habitant le village de Chassagne, dont les hommes sont régulièrement qualifiés d' »écuyers » et même de « chevaliers » par les prêtres, sans que j’aie retrouvé trace de cette famille  dans l’ouvrage de J. du VERDIER La Noblesse d’Ancien Régime en Limousin. J’ai dressé ici une synthèse généalogie des informations que l’on trouve sur cette famille sur 4 générations suivies,

J’ajoute à cette liste une dernière famille, non implantée à Freissinet mais régulièrement présente dans ses actes du fait de ses alliances :

  • LOUGIN (de), famille implantée dans le village de Lougin, paroisse de Château(-hors-Chervix), alliée d’abord avec les CHASSAGNE puis avec les GUESPIN. Nous suivons essentiellement une fratrie dont j’ai récapitulé les informations connues ici.

Je vais tenter de prolonger ces recherches dans les paroisses adjacentes, à commencer par Saint-Priest-Ligoure et j’espère pouvoir vous en rendre compte ici sous la même forme.

Mais ceci est une autre histoire…

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Un nouveau de cujus

Je sors de mon trop long silence pour vous annoncer qu’un nouveau de cujus nous a rejoints il y a aujourd’hui trois mois.

De Cujus 2

Très belle année 2017 à tous !

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13 novembre 2015

Qui es-tu, qui sortis de l’ombre
Dans la lumière de la nuit ?
Tu n’es ni un nom ni un nombre,
Tu n’es rien : tuer t’a détruit.

Qui t’ordonna – quel fou, quel lâche –
De laisser tes marques de fer,
Comme d’indélébiles taches
Sur nos trottoirs et dans nos chairs ?

Retourne à l’ombre de l’histoire !
Face à terre, les innocents
Se sont envolés vers la gloire
Bien mieux que tes gouttes de sang.

Nos héros dînaient en terrasse
Un soir de novembre à Paris,
Ils n’avaient ni patrie ni race
Ils riaient quand tu les as pris.

Leur joie morte est notre espérance
Leur rire éteint est notre foi.
Ils brillent au Stade-de-France
Et rue de la Fontaine-au-Roi.

Si nos larmes sont pour nos frères,
Nos cris sont pour l’humanité :
Prouvons qu’aucune arme de guerre
Ne peut blesser la liberté.

Paris, le 15 novembre 2015,

RC

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Carte d’identité du système « Golfo di Castellammare »

Mes recherches dans les archives siciliennes mises en ligne sur FamilySearch.org, grandement facilitées par la présence de tables comme je l’expliquerai dans un prochain article, m’ont permis en quelque mois de trouver 388 de mes ancêtres paternels siciliens originaires du golfe de Castellammare, à l’ouest de Palerme.

J’ai décidé de décrire ici le système géographique correspondant, avec la méthode utilisée pour le système Tours et les bords du Cher.

Ou ?

Le système, en l’état actuel des connaissances, comporte la commune d’Alcamo, dans la province de Trapani (TP) et celles de Balestrate, Carini, Cinisi, Partinico et Terrasini, dans la province de Palermo (PA). Toutes ces communes bordent le golfe de Castellammare, qui s’étend à l’ouest de Palerme entre le Cap San Vito (San Vito Lo Capo, TP) et la Pointe de l’Homme Mort (Carini, PA).

0-Sicile_Golfo_ADM

Le schéma ci-dessus permet de situer le système par rapport à l’organisation administrative actuelle de l’Italie.

Quand ?

Le système est occupé par nos ancêtres de manière attestée depuis le XVIIe siècle (1673). Nos derniers ancêtres à avoir occupé le système sont partis au début du XXe siècle (1902), soit une présence attestée d’au moins 230 ans. Ces « derniers » ancêtres appartenaient à deux branches différentes, l’une venant de Balestrate, l’autre d’Alcamo. Il s’agissait de deux grands-parents de mon père.

La branche d’Alcamo n’a pas encore été explorée faute de sources en ligne concernant la province de Trapani. Celle de Balestrate provient, plus on remonte dans le temps, de l’est du golfe. Il semblerait en effet que les paroisses aient créées progressivement à partir d’écarts des paroisses existantes, en progressant vers l’ouest : Carini puis Cinisi puis Terrasini et enfin Balestrate, sans doute suivant un effet de diffusion de l’agglomération de Palerme.

1_Sicile_Golfo_chr

L’occupation du système par nos ancêtres est attestée de 1673 à 1902. Elle est sans doute bien antérieure, au moins à Carini et Alcamo.

Qui ?

En l’état actuel des connaissances, 388 de nos ancêtres sont liés au système, sur 10 générations. Au fil du temps, certaines branches ont rejoint le système à partir d’autres régions de la Sicile, et notamment de Palerme et Corleone (PA), toutes deux situées à 40 km vers l’est. D’autres origines plus lointaines et plus surprenantes sont à noter, telles que Bivona (AG) et Mazzarino (CL), au centre de l’île, ou Castelvetrano (TP), au sud-ouest.

En quittant le système, mes deux arrières-grands-parents paternels sont partis en Tunisie, où ils se sont installés à la marina de Tunis, La Goulette, et où leurs enfants, mes grands-parents, se sont mariés au milieu du XXe siècle.

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Ce schéma illustre les interactions entre le système et d’autres lieux et systèmes au fil du temps. Certains déplacements « entrants » sont proximaux, venant de Palerme, Corleone et Castelvetrano, d’autres plus éloignés. 

Les patronymes rencontrés dans le système apparaissent dans le nuage de mots ci-dessous, élaboré avec l’application internet WordItOut.

Certains patronymes se retrouvent – avec des variantes – dans plusieurs branches de mon ascendance, en particulier :

  • PALAZZOLO, patronyme très courant localement, dans 6 branches,
  • BOMMARITO/BONMARITO, dans 6 branches également,
  • ZAPPA, dans 4 branches,
  • GUSMANO/CUSUMANO/CUSMANO, dans 4 branches,
  • AIELLO/AJELLO, dans 4 branches.

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Zones d’interaction et d’adhérence

Enfin, une approche géographique montre que le système a une zone d’interaction (dans laquelle se passait probablement la majeure partie des déplacements de nos ancêtres) ouverte sur un large périmètre incluant la capitale, Palerme. La zone d’adhérence (lieux à portée d’un déplacement quotidien, qui viendraient s’adjoindre au système si des ancêtres en étaient originaires) est contrainte notamment par le relief accidenté qui entoure la plaine en arrière du golfe. Elle englobe notamment les villes de Castellammare (del Golfo, TP), de Calatafimi(-Segesta, TP), Borgetto (PA) et Monreale (PA), identifiées sur une carte de 1830.

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Nota : Le fond de carte ci-dessus est une « Carte routière de la Sicile » dessinée par le Comte Fédor de KARACZAY pour le Guide du voyageur en Sicile, trouvée sur Gallica à partir de ressources relayées sur la page relative à la Sicile de Lexilogos. Les traitements graphiques ont été réalisés avec le logiciel de dessin vectoriel Inkscape.

Je pense être capable de poursuivre ce travail en explorant les registres de Carini, qui remontent plus loin dans le temps. Et surtout, j’espère pouvoir approfondir un jour prochain mes recherches dans la branche d’Alcamo, qui est en fait ma branche patronymique, bloquée pour l’instant à la fin du XIXe siècle.

Mais ceci est une autre histoire…

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Giuseppe VASI : graveur et architecte né à Corleone

Palais du Latran - Gravure de Giuseppe VASI - Source : Wikipedia

Palais du Latran – Gravure de Giuseppe VASI – Source : Wikipedia

Mes prochaines vacances en Sicile seront sans doute l’occasion pour moi de mener quelques recherches sur place du côté des ancêtres de mon père, tous siciliens. Avant de partir, j’ai voulu refaire le point sur mes recherches menées en ligne de ce côté, déjà anciennes, et assez avancées grâce aux registres mis en ligne par FamilySearch.

Comme souvent quand on reprend des travaux anciens, j’ai ainsi résolu en quelques coups de cuiller à pot une impasse vieille de 2 ans due à une erreur de patronyme dans l’acte de mariage de l’arrière-grand-mère maternelle-maternelle de mon père, Grazia PALAZZOLO.

C’est ainsi que, de Balestrate, dans la province de Palerme (lien en italien), où est née ma propre arrière-grand-mère, Oliva MONTEROSSO, à qui j’ai déjà consacré un article ici, j’ai fait un saut à Corleone, tristement célèbre pour les chefs de la Mafia sicilienne qui en sont issus.

C’est là que j’ai découvert mes ancêtres VASI et qu’un peu de chance m’a conduit jusqu’à Giuseppe VASI, illustre graveur et architecte du XVIIIe siècle, qui est en fait mon oncle à la 10e génération.

Nouvelles solutions pour vieux problèmes

Comme je l’ai expliqué en parlant de l’ascendance d’Oliva MONTEROSSO (SOSA 11), bien qu’elle-même fût née à Balestrate, c’est à Terrasini que se concentraient jusqu’ici nombre de ses ancêtres connus. Ceci était dû au fait que les MONTEROSSO eux-mêmes étaient originaires de cette commune limitrophe et que les origines de sa grand-mère maternelle, Maria RUSSO, s’arrêtaient à ses parents, faute d’avoir trouvé leur acte de mariage à Balestrate, comme attendu.

Il faut savoir que les registres paroissiaux de Balestrate sont particulièrement bien tenus à la fin du XIXe siècle et qu’étant dite originaire de Balestrate dans son acte de mariage, je trouvais vraiment surprenant de n’avoir pas identifié le mariage de ses parents, Antonino RUSSO et Vincenza BADULATO, dont les noms étaient clairement orthographiés. Après une ultime vérification lorsque j’ai repris ces recherches récemment, j’ai donc pensé à passer par une autre source que je n’avais pas exploitée : l’acte de décès de Maria.

Acte de sépulture de Maria RUSSO (SOSA 47) à Balestrate

Acte de sépulture de Maria RUSSO (SOSA 47) à Balestrate

Le 3 mars 1881

5. Maria RUSSO, âgée de 27 ans, fille de feu Antonino et feue Vincenza CASTELLANA, jadis mariés, femme de Marcantonio PALAZZOLO, après s’être confessée, avoir reçu le très saint viatique et l’extrême onction, a rendu son âme à Dieu en communion avec notre Sainte Mère l’Eglise, et son corps a été enterré au cimetière.

Aucune ambiguïté possible : le nom de son mari confirme que mon arrière-arrière-grand-mère est bien la personne décédée. On constate immédiatement que, si les prénoms de ses parents sont bien ceux mentionnés sur son acte de mariage, Antonino et Vincenza, en revanche le patronyme de sa mère n’est pas BADULATO mais CASTELLANA. Et ça change tout !

Car bien sûr, on trouve sans difficulté à Balestrate en 1838 le mariage d’Antonino RUSSO, fils de Vincenzo et Giuseppa BOMMARITO, avec Vincenza CASTELLANA, née à Corleone, fille de feu Gaetano et Gaetana… BADULATO !

Les choses me semblent dès lors assez établies, a fortiori si je précise que Vincenza CASTELLANA était décédée en 1869, soit trois ans avant le mariage de sa fille, et que ce n’est donc pas elle qui a pu donner au prêtre son propre patronyme, qui a alors été confondu avec celui de sa mère.

Quand la curiosité et le hasard s’en mêlent

Vue de Corleone - Source : Wikipédia\Corleone (en italien)

Vue de Corleone – Source : Wikipédia\Corleone (en italien)

Dès que j’ai vu apparaître le lieu de Corleone dans mon ascendance, outre qu’il raisonnait pour moi comme le surnom du chef de clan mafieux joué par DE NIRO-BRANDO dans Le Parrain de COPPOLA, j’ai cherché à en savoir plus sur cette ville.

C’est une ville du coeur de la Sicile, assez importante avec plus de 10 000 habitants aujourd’hui et même plus de 15 000 à la fin du XIXe siècle. Elle est située à environ 50 km de Balestrate et à peu près autant de Palerme.

Parmi les personnages liés à la commune, on ne trouve sur Wikipédia en français presque que des mafieux siciliens ou américains. En revanche, la page en italien est bien plus étoffée, et un nom m’avait marqué à la lecture de la liste des « Persone legate a Corleone », celui de

Giuseppe VASI (1740-1872), incisore, fu maestro di Piranesi
(graveur, il fut un des maîtres du Piranèse)

Il faut savoir que j’ai un ami passionné de gravures anciennes, qui m’a souvent parlé de Giovanni Battista PIRANESI, dit Le Piranèse, architecte et graveur du XVIIIe siècle, célèbre pour la finesse architecturale et la mise en scène dramatique des monuments réels ou imaginaires qu’il a gravés. C’est sans doute pour cette raison que j’ai retenu, parmi la liste, le nom de VASI.

Vous aurez peut-être noté que les dates de naissance et de mort de Giuseppe VASI sur cette page sont irréalistes. De fait, sur la page Wikipédia qui lui est dédiée (en italien), on apprend qu’il est né (à Corleone) en 1710, le 27 août, et décédé à Rome en 1782.

Mes ancêtres corleonesi connus

J’ai donc remonté l’ascendance de Vincenza CASTELLANA a Corleone, ce qui a été assez simple puisque de très nombreux registres sont en ligne sur FamilySearch pour la paroisse San Martino de Corleone, dont certains remontent à la fin du XVIs siècle !

A ce jour, j’ai trouvé 28 de ses ancêtres sur 8 générations et 2 siècles, mais j’ai encore de nombreuses branches à explorer plus avant.

Les patronymes rencontrés sont CASTELLANA, BADULATO, BILLITTI, MACALUSO, RAJTANO, TURCO, SALEMI, VASI, PASQUA, PUGLISI, dont certains semblent avoir joui d’une certaine notabilité puisqu’ils sont qualifiés de « Maestri », « Maîtres ». C’est le cas des BADULATO, des MACALUSO, des PUGLISI et… des VASI.

De Teresa à Giuseppe VASI

Teresa VASI (mon SOSA 767), est l’arrière-grand-mère maternelle-maternelle de Vincenza CASTELLANA. Elle est donc située sur la lignée agnatique de mon père.

Elle est apparue dans mon arbre au détour de l’acte de mariage de sa fille, Fortunata MACALUSO, avec Maestro Bernardo BADULATO, en 1794. Lorsque j’ai vu apparaître ce patronyme, j’ai immédiatement repensé à mon graveur, et je me suis dit que j’avais des chances de trouver un lien entre eux deux car :

  • le patronyme VASI n’est pas du tout courant à Corleone,
  • l’alliance de Fortunata MACALUSO avec Bernardo BADULATO, qualifié de « Maestro », traduisait une possible aisance matérielle qui pouvait se retrouver dans sa propre famille. Or, pour que Giuseppe VASI ait pu partir, à cette époque, pour Rome depuis Corleone et devenir graveur et architecte, il était très probable qu’il ne pouvait s’agir d’un fils de paysan ou de petit artisan.

Teresa s’est mariée à Corleone en 1755 avec Francesco MACALUSO. On apprend à cette occasion qu’elle est la fille de Maestro Francesco VASI, issue en fait de son second mariage avec Angela PASQUA en 1734. Francesco VASI est le fils de Maestro Placido VASI (lui-même fils de Francesco, originaire de Palerme) et de Caterina PUGLISI.

Et quid de Giuseppe VASI, le graveur ? Wikipédia ayant donné sa date de naissance, je n’ai eu aucun mal à trouver son acte de baptême, ci dessous.

Acte de baptême de Giuseppe VASI à Corleone en 1710 - Source : Archives paroissiales de San Martino di Corleone

Acte de baptême de Giuseppe VASI à Corleone en 1710 – Source : Archives paroissiales de San Martino di Corleone

Le 28 du même [août 1710]

Moi Don de CAULIANNI [conv. ?] j’ai baptisé Josephum Agostinum Petrum [Giuseppe Agostino Pietro]  fils de Maître Placido et Caterina VASI mariés, né d’hier, les parrain et marraine Joseph [Giuseppe] BRUNO et Anna Maria, femme de Joannis [Giovanni] CAMPO.

et sous l’acte une main secourable a ajouté

Le célèbre graveur Giuseppe VASI qui a fait les belles vues de Rome dont il y a les copies à la mairie de Corleone.

La boucle était ainsi bouclée : le graveur Giuseppe VASI n’était autre que le frère, sans doute cadet, de Francesco VASI, mon SOSA 1534. Ils étaient issus d’une famille notable (de juristes ?) venue de Palerme avec leur grand-père Francesco pour des raisons encore inconnues.

Je vais probablement bientôt rendre compte ici de mes recherches à Corleone et alentour. Je sais déjà que les VASI venaient de Palerme et les MACALUSO de Prizzi, plus au sud dans la même province de Palerme mais bien plus proche d’Agrigento.

Ensuite, j’espère bien progresser sur place dans ma lignée patronymique à partir de la ville d’Alcamo, dont aucun registre n’est disponible en ligne.

Mais ceci est une autre histoire…

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Carte d’identité du système Tours et les bords du Cher

Je vous propose, sur le modèle de ce que j’avais fait pour le système Aluze-Charrecey en Saône-et-Loire, une analyse d’un système tourangeau que j’ai baptisé « Tours et les bords du Cher ».

Par rapport à la méthode utilisée en Bourgogne, j’ai apporté quelques ajustements, notamment graphiques, mais aussi pour tenir compte de la prééminence locale de Tours, incluse dans le système, par rapport au relatif isolement des deux villages d’Aluze et Charrecey.

L’objectif, comme la dernière fois, était de comprendre à quoi pouvait ressembler l’espace vécu par nos ancêtres pour anticiper leurs déplacements, notion que j’ai dû scinder en deux : une zone d’adhérence correspondant à des déplacements qu’on peut supposer relativement fréquents et une zone d’influence beaucoup plus large et propre au fait que Tours jouait indéniablement un rôle d’attracteur local très fort.

Titre analyse du système ToursSituation administrative du système ToursChronologie au sein du système ToursEléments généalogiques du système Tours

Analyse géographique du système Tours

Pour cette analyse, j’ai abondamment et principalement utilisé le site du Géoportail de l’Institut national de l’information géographique et forestière. Le rendu a été fait avec le logiciel de dessin vectoriel libre Inkscape.

Cette analyse fait apparaître des potentialités quant aux origines de mes ancêtres ayant vécu dans le système décrit. Les recherches menées, comme on le voit dans la partie généalogique de l’analyse (« Qui ? »), ont démontré le bien fondé d’une zone d’influence large puisque mes ancêtres étaient originaires de pas moins de 4 autres systèmes en Indre-et-Loire.

Mais ceci est une autre histoire, que j’espère vous conter bientôt…

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