Qui est la mère de Catherine SALVAT ?

Blason de la famille NAS : "d'azur au lion d'argent à la bordure cousue de gueules"

D’après l’Armorial Haut-Alpin, blason de la famille NAS – Source : Blason de la ville de Vielverge, geneawiki

Mon ancêtre Catherine SALVAT (SOSA 3263) est la mère de Claire SOUCHON et nous les avons déjà rencontrées toutes deux dans mon récent article consacré à ma visite cet été aux Archives départementales de Gap. Catherine a probablement été une jeune mariée, comme nous le verrons, mais elle a surtout été une très jeune veuve puisqu’elle était enceinte de son premier enfant lorsque mon ancêtre Jean SOUCHON, son mari, est décédé en 1682.

Je n’oublie pas que j’ai promis de vous raconter ce que j’ai pu trouver dans les actes qui ont suivi ce décès prématuré et qui ont été nécessaires pour régler la succession complexe de Jean SOUCHON et l’avenir de sa fille posthume, Claire. Cependant, outre ce que je cherchais sur la famille SOUCHON, ma visite aux AD05 a aussi remis en cause des informations qui étaient depuis des années dans mon arbre concernant la mère de Catherine SALVAT, alors même que j’avais pris ces informations dans l’Armorial Haut-Alpin, dont je vous ai déjà parlé.

Comme il m’a fallu un certain nombre de preuves avant d’accepter que cet ouvrage de référence, récent et bien documenté, comportait une erreur, certes subtile, je trouve intéressant de vous relater ici ma démarche.

Ce que je savais sur la mère de Catherine SALVAT

Rien de conclusif dans les actes paroissiaux

Mes recherches dans les actes paroissiaux de Seyne n’ont apporté que des éléments indirects sur l’identité de la mère de Catherine SALVAT. En effet, son acte de baptême est introuvable aux AD04 et, dans son acte de mariage avec Jean SOUCHON, en 1677, seul son père est cité pour être « Pierre SALVAT, procureur aux juridictions de Seyne ».

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 1 - Source : AD04

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 1 – Source : AD04

Les témoins de l’acte apportent cependant un premier indice, puisque y figure un certain « sieur François NAS de ROMANE oncle maternel de la[dite] SALVAT »

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 2 - Source : AD04

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 2 – Source : AD04

Le terme « oncle » est dangereux en généalogie, comme je l’ai déjà évoqué, car il est fortement polysémique, y compris au XVIIe siècle. Il faut donc se garder d’en tirer des conclusions hâtives. Même avec la précision du côté de la parenté, ici maternelle, il reste encore de nombreuses possibilités :

  • il s’agit d’un frère germain ou consanguin de la mère (ils ont donc le même père), auquel cas on peut déduire que la mère de Catherine est une NAS de ROMANE,
  • il s’agit d’un frère utérin de la mère (ils ont la même mère mais pas le même père), auquel cas on ne peut rien déduire sur la mère de Catherine,
  • il s’agit du mari d’une soeur de la mère (cas d’un oncle par alliance), auquel cas il faut rechercher le nom de la femme de François NAS de ROMANE pour avoir une piste sur le nom de la mère de Catherine SALVAT (si encore il ne s’agit pas de soeurs utérines),

Il faut enfin, en toute rigueur, combiner ces trois cas avec la possibilité que le mot oncle soit utilisé pour grand oncle. Cependant, le fait que François NAS de ROMANE soit cité immédiatement après les deux pères et avant le beau-frère du marié donne un indice de relative proximité avec la mariée.

Dès lors, à ce stade, on ne peut rien déduire de définitif sur la famille d’appartenance de la mère de Catherine SALVAT, mais la recherche d’un lien avec une famille NAS de ROMANE est une piste intéressante.

Le renfort d’une source bibliographique

C’est à peu près à cette époque, il me semble, que j’ai acquis un exemplaire de l’Armorial Haut-Alpin de Jean GROSDIDIER de MATONS. Je me suis alors empressé de voir ce qu’il pourrait m’apprendre sur cette union et, ô miracle, une information importante allait m’être apportée par l’article NAS, NAS de ROMANE, NAS de PLAN LARDIER (pp. 491-495).

Dans la lignée principale retenue par l’auteur, au degré III, on apprend ainsi que Grégoire NAS et Marguerite de PERISSOL ont eu, entre autres, une fille, citée de la façon suivante : « Claire, x 1.2.1661 (1 E 2719) Pierre Salva » qu’il faut comprendre comme : « Claire, mariée le 1er février 1661 par contrat reçu par Me C. de MOTTE, notaire à Tallard de 1638 à 1668 (1 E 2719 est la cote du registre aux AD05), avec Pierre SALVA ».

Cette mention est très intéressante pour notre recherche, tout en n’apportant pas une réponse totalement satisfaisante. En effet, certaines éléments corroborent la piste née de l’information indirecte issue de l’acte de mariage :

  • le nom du conjoint, Pierre SALVA(T), car il ne faut en aucun cas s’arrêter à la différence de graphie, surtout pour une lettre finale qui pouvait être muette,
  • le prénom, Claire, car c’est aussi celui de la fille de Catherine SALVAT, Claire SOUCHON, dont elle serait la grand-mère maternelle. Notons que c’est en fait un prénom peu usuel dans la région à cette époque, mais récurrent dans cette lignée cognatique de mon arbre, porté par Claire ROUGON (SOSA 815), fille de Claire SOUCHON, puis à nouveau Claire VIGNE (SOSA 203), petite-fille de Claire ROUGON.

A partir de ces éléments, j’ai choisi à l’époque de me fier à la généalogie proposée par l’Armorial qui fait remonter les SALVAT aux PERISSOL, GAUTHIER et BERNARD par les NAS, tout en explicitant toutes les hypothèses que ce choix supposait sur mon arbre geneanet.org. Quelques éléments cependant, me posaient question :

  • la date du mariage, d’abord, en 1661, car elle suppose que Catherine SALVAT était très jeune lorsqu’elle s’est elle-même mariée en 1677. Dans l’hypothèse maximale, elle serait née fin 1661 et aurait donc eu 15 ou 16 ans à son mariage, pas impossible mais rare. Cela m’amenait, non pas à remettre en cause le positionnement de Claire NAS dans l’Armorial ni son mariage, mais plutôt le fait que Catherine soit bien une fille de Pierre SALVAT de ce lit et non d’un premier mariage, pourquoi pas avec une autre fille NAS, expliquant le lien de parenté avec François NAS de ROMANE,
  • principale difficulté, le fait qu’ainsi positionnée généalogiquement, Claire NAS n’appartenait pas à la branche des NAS (de) ROMANE, mais à la branche que Jean GROSDIDIER de MATONS qualifie de principale et dont les NAS ROMANE sont issus : le fondateur de cette branche est Jean NAS, frère de Grégoire NAS, le père supposé de Claire NAS. Ainsi, il faut supposer que le mot oncle utilisé par le prêtre pour définir la relation de François NAS de ROMANE avec Catherine SALVAT a été utilisé à la place d’oncle à la mode de Bretagne, expression à ma connaissance non utilisée dans cette région à cette époque. En effet, François NAS de ROMANE serait le cousin germain de Claire NAS et donc le cousin de la mère de Catherine SALVAT. Cette erreur, ou cette imprécision, semble un peu étrange, notamment, comme on l’a dit, à cause du lien privilégié que l’ordre dans les parentés laissait supposer.

Il fallait donc davantage d’éléments pour répondre aux deux questions suivantes :

  • Peut-on confirmer que la mère de Catherine SALVAT est bien Claire NAS, mariée en 1661 avec Pierre SALVAT d’après l’Armorial haut-alpin ?
  • Quel est le lien de parenté réel entre Catherine SALVAT et François NAS de ROMANE ?

Ce que j’ai découvert aux Archives départementales des Hautes-Alpes

Un acte de remariage plus filiatif que celui du premier mariage

Parmi toutes les pièces liées au règlement de la succession de Jean SOUCHON, le compte-rendu d’une assemblée du conseil de famille en 1685 cite Catherine SALVAT comme remariée à Claude GARCIN, docteur en médecine.

A partir de cette information, j’ai pu rechercher l’acte de ce second mariage, qui se trouve comporter un double mariage puisqu’une soeur de Catherine, Thérèse SALVAT, se marie avec un frère de Claude GARCIN, Balthazar GARCIN. C’est sans doute ce qui a permis que cet acte soit filiatif, ce qui était rare à cette période pour un remariage.

Acte de mariage de Balthazar GARCIN avec Thérèse SALVAT et de Claude GARCIN avec Catherine SALVAT à Seyne en 1683 - Source : AD04

Acte de mariage de Balthazar GARCIN avec Thérèse SALVAT et de Claude GARCIN avec Catherine SALVAT à Seyne en 1683 – Source : AD04

Cette fois, l’information est sans ambiguïté, Catherine SALVAT est bien la fille de Claire NAS. On observe même que le prêtre s’est d’abord trompé de patronyme pour Claire et a raturé un mot qui ressemble fort à « ROMANE », maigre indice cependant pour contester le positionnement généalogique de Claire NAS dans l’Armorial.

Pour l’anecdote, sur la même page du registre de Seyne se trouve l’acte de baptême de Jean-Baptiste SALVAT, qui n’est autre que le frère de Catherine et Thérèse, né des mêmes parents et donc plus jeune que sa propre nièce, Claire SOUCHON, née au mois de mars de la même année. Cela tient au fait que Catherine SALVAT était très jeune lors de son premier mariage et que son veuvage prématuré l’amène à refaire sa vie, alors qu’elle n’a pas plus de 22 ans.

Un dernier élément décisif

Sans entrer ici dans les détails du règlement de la succession de Jean SOUCHON, l’essentiel des difficultés semble être venu du fait qu’il est décédé avant son père, Jacques SOUCHON, et que diverses conventions (legs, contrat de mariage) n’étaient pas encore réglées entre eux au moment de ce décès, notamment la succession de la mère de Jean, femme de Jacques, Françoise ROBERT. Une part importante des actes a donc consisté à inventorier les patrimoines de Jacques et Jean pour démêler ce qui devait rester à Jacques et ce qui devait échoir dans la succession de Jean.

Un acte, passé en 1683, est particulièrement intéressant à cet égard, comme je l’ai indiqué dans l’article précité car il reprend les principales dispositions du contrat de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, conclu en 1677. Un passage, bien que bref, est particulièrement intéressant. Je cite (et je transcrits) :

[…] ladite Catherine SALVAT se constitua cinquante livres à elle léguées par Maître Jean NAS, notaire de La Saulce son aïeul maternel que Sieur François NAS paya lors dudit mariage […]

C’est l’élément qui manquait au puzzle pour confirmer que l’Armorial se trompait dans la filiation de Claire NAS, mariée à Pierre SALVA(T). En effet, maintenant sans aucune ambiguïté possible, au même article consacré à la famille NAS, mais dans le paragraphe consacré aux NAS ROMANE, degré III, l’Armorial mentionne

« III. Jean François al. Jean Nas Romane, notaire, x 8.8.1632 […] Marie de Comboursier, fa de Jean, sgr de La Grange et de Madeleine de Poncet. Dont Madeleine […], Georges […], peut-être Suzanne […], François« 

Quand on sait que la famille NAS est située à La Saulce, on comprend :

  • que l’aïeul de Catherine SALVAT, « Jean NAS, notaire de La Saulce« , n’est autre que ce « Jean-François alias Jean Nas Romane, notaire » ci-dessus,
  • que François NAS de ROMANE, témoin au premier mariage de Catherine SALVAT, est sans doute aussi celui qui paya la constitution de cette dernière, et qui est cité dans l’Armorial comme fils (et continuateur des NAS ROMANE) de Jean François, alias Jean, notaire de La Saulce.

Cela répond enfin à notre dernière question, François NAS de ROMANE est donc tout simplement le frère de Claire NAS, mère de Catherine SALVAT et donc l’oncle, au sens propre, de cette dernière.

Il faut donc en déduire que l’Armorial Haut-Alpin s’est trompé sur la filiation de Claire NAS, pour une raison inconnue à ce jour, mais qu’il faut peut-être chercher dans le testament de Grégoire NAS, alors que celui de Jean François alias Jean NAS ROMANE, qui aurait pu lever l’ambiguïté, n’a pas été accessible aux auteurs.

Ce que nous savons aujourd’hui sur Claire NAS, mère de Catherine SALVAT

Indépendamment de toutes ces déductions, j’ai fini par trouver sur le site des Archives départementales des Alpes-de-Haut-Provence l’acte de décès de Claire NAS à Seyne en 1724. Veuve de Pierre SALVAT, elle est dite âgée d’environ 80 ans, ce qui est compatible avec la date du mariage de ses parents que l’Armorial situe, avec sources, en 1632. Et dans cet acte, elle est explicitement nommée « d[emoise]lle Claire NAS de ROMANE« .

Acte de sépulture de Claire NAS de ROMANE, en 1724 à Seyne - Source : AD04

Acte de sépulture de Claire NAS de ROMANE, en 1724 à Seyne – Source : AD04

Claire NAS est donc la fille de Jean NAS ROMANE, notaire, et donc également celle de Marie de COMBOURSIER, des seigneurs de La Grange. Par cette famille chevaleresque étudiée dans l’Armorial, elle descend notamment des PONCET, et par eux des FLOTTE, des GRAS, bref, de familles anciennes et très nobles des Alpes, du Dauphiné et de Provence.

Mais ceci est une autre histoire…

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Hautes-Alpes : les registres notariaux à la rescousse !

Comme sans doute un certain nombre d’entre vous, j’ai mis à profit les vacances d’été pour poursuivre plus activement mes recherches généalogiques. L’avantage, c’est qu’outre le temps libre, on peut être amené à se déplacer dans des régions où ont vécu nos ancêtres.

Pour moi, cette année du moins, je ne l’avais pas provoqué puisque c’est en famille que nous avons décidé de nous rendre dans les Hautes-Alpes, non loin de Gap. Et qui dit préfecture, dit archives départementales… j’ai donc distrait deux matinées pour aller faire quelques recherches aux AD05, petites mais très conviviales.

Le point de départ

Le choix de la branche à étudier

Peu de mes ancêtres sont originaires de cette partie des Alpes, coincée entre Haute-Provence et Dauphiné. A ce jour, deux « incursions » généalogiques dans ce département sont connues :

  • Marguerite MARCEL, mariée à Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence en 1641, était originaire de « Loze, dio Gap » (sans doute pour Oze, tout près de Veyne),
  • Jean SOUCHON, marié en 1677 à Montclar, dans les Alpes-de-Haute-Provence, avec Catherine SALVAT, était originaire de Remollon, peu éloigné mais situé aujourd’hui dans le département voisin des Hautes-Alpes, de l’autre côté de la Durance.

C’est à ce second ancêtre que j’ai choisi de m’intéresser lors de ce passage aux archives, car j’étais bloqué par les registres paroissiaux disponibles sur le site des Archives départementales des Hautes-Alpes, qui ne sont conservés que depuis 1688 pour la paroisse de Remollon, mais aussi parce que le milieu social dans lequel évoluaient les familles SOUCHON et SALVAT laissait penser qu’elles avaient pu laisser des traces dans les actes notariaux, ce qui s’est vérifié.

Situation de Remollon, Hautes-Alpes / Fond : Carte de Cassini - Géoportal

Situation de Remollon, Hautes-Alpes / Fond : Carte de Cassini – Géoportal

Ce que je savais en arrivant, à partir des actes

Sur cette famille SOUCHON, originaire de Remollon, j’avais fort peu d’informations :

  • Jean SOUCHON (SOSA 3262), fils de Jacques, dit « bourgeois de Remollon », s’était donc marié en 1677 avec Catherine SALVAT, fille de Pierre, procureur à Seyne, ville importante de Haute-Provence. Etait notamment présent à ce mariage François NAS de ROMANE, « oncle maternel » de la mariée ;
Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 1 - Source : AD04

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 1 – Source : AD04

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 2 - Source : AD04

Acte de mariage de Jean SOUCHON et Catherine SALVAT, page 2 – Source : AD04

  • Mon ancêtre, Claire SOUCHON (SOSA 1631), seule enfant connue du couple, avait été baptisée à Seyne en 1683, date à laquelle son père était déjà décédé. Ses parrain et marraine, un avocat de Paris et une noble dame de la région, soulignaient à nouveau la situation sociale de sa famille ;
Acte de baptême de Claire SOUCHON, fille posthume de feu Jean et de Catherine SALVAT - Source : AD04

Acte de baptême de Claire SOUCHON, fille posthume de feu Jean et de Catherine SALVAT – Source : AD04

  • Enfin, Claire SOUCHON s’était mariée en 1707 à Seyne avec Pierre ROUGON, marchand issu lui aussi de la bourgeoisie de Seyne. Dans cet acte, Jean SOUCHON, mentionné comme décédé, est dit « marchand de Remolon » (sic). Cet acte n’en apprend pas davantage sur la famille SOUCHON.

La période qui m’intéressait était donc celle située autour du mariage puis du décès prématuré de Jean SOUCHON, et de la naissance de sa fille Claire, soit en gros 1675-1700.

L’Armorial haut-alpin de Jean GROSDIDIER de MATONS

Une source précieuse pour les Hautes-Alpes et alentour

En parcourant sur geneanet.org les arbres s’étant intéressés à mes ancêtres notables de Seyne et des environs, j’ai découvert il y a quelques temps une source documentaire, l’Armorial haut-alpin de Jean GROSDIDIER de MATONS, dont je vous propose de lire l’avant-propos sur la boutique en ligne de Mémoire et documents. J’en ai acquis un exemplaire et il est exact que c’est un travail de grande qualité : abondamment référencé et vraisemblablement fiable dès lors qu’il s’astreint à mettre en avant ses propres limites ainsi que celles de ses sources.

Seul défaut, ce volumineux ouvrage (650 pages) ne comporte pas de table des matières et, surtout, pas de répertoire des noms étudiés, ce qui oblige parfois à quelques tâtonnements.

Un article de l’Armorial, intitulé « SOUCHON, SOUCHON des PRAUX », est consacré, selon le chapeau à

« Une famille bourgeoise originaire de Chorges, où elle est connue dès 1295. Elle a formé diverses branches, dont l’une de notaires à Gap et l’autre de notaires à Remollon. On trouve également des Souchon à Embrun au XVIème siècle. Le tronc principal, agrégé à la noblesse, porte par courtoisie le titre de Barons des Praux au XVIIIème siècle, à la suite de l’acquisition de la seigneurie du même nom. Barons d’Avançon en 1727. Les branches cadettes ne semblent pas avoir aspiré à la noblesse. (…) »

Pas de rattachement direct de mes ancêtres SOUCHON

Parmi l’ensemble des branches de la famille SOUCHON présentées, aucun rattachement évident n’est apparu à partir des éléments connus alors :

  • Les prénoms Jacques et Jean sont présents dans plusieurs branches, et notamment parmi celles des « seigneurs de Bellevue » (branches notées B-a et B-b, page 636) sur les périodes considérées, soit à la fin du XVIIe siècle, mais aucun Jean fils de Jacques qui puisse être identifié de manière convaincante ;
  • Parmi les individus notés comme isolés en fin d’article, on note cependant plusieurs habitants de Remollon, notamment un Nicolas et, au XVIIIe siècle, un « N. [SOUCHON] x Catherine SALVAT qui x2 Claude GARCIN, docteur en médecine et t. 9.2.1734 » : il s’agit sans aucun doute de notre ancêtre Jean, bien que cette citation ne permette pas d’en apprendre davantage.

L’apport des actes notariés

Ce qu’il faut savoir avant de commencer

Pour réussir une enquête généalogique à partir d’actes notariés à une période où les registres paroissiaux ont été perdus, il faut tout d’abord un peu de chance :

  • des ancêtres présents dans les actes notariés, ce qui était assez fréquent à la campagne où beaucoup de choses se passaient devant notaire : les promesses et contrats de mariage, les testaments, partages et inventaires après décès, les ventes, les arrentements (mise en location), etc. De manière générale, les informations généalogiques qu’on peut glaner sur les individus sont évidemment meilleures s’ils sont eux-mêmes parties aux actes que s’ils sont seulement cités comme témoins, parents ou voisins des parties ;
  • une activité notariale raisonnable, entendez par là relativement modeste, avec en particulier un nombre limité d’études. A ce titre, les grandes villes sont de mauvais terreaux de recherche avec parfois plus d’une dizaine d’études dont le parcours systématique des minutes risque de faire perdre beaucoup de temps. Un point cependant : une fois un acte trouvé, il est probable que l’ancêtre ou sa famille ait passé d’autre actes dans la même étude. En revanche, la famille de sa femme ou de son gendre peut avoir un autre notaire ;
  • une mobilité limitée, car tout comme les registres paroissiaux, les minutes de notaires sont rattachées à un lieu (la résidence du notaire), avec parfois cependant un notaire agissant sur plusieurs communes voisines, en particulier dans les zones peu peuplées. Cela permet parfois de suivre un ancêtre qui, tout en changeant de paroisse au cours de sa vie, garde le même notaire.

En outre, les informations contenues dans les actes notariées ne sont pas de même nature, forcément, que celles contenues dans les sources paroissiales ou d’état-civil. On peut cependant espérer y trouver, dans une logique purement généalogique :

  • les filiations et les liens de parenté, attention cependant aux remariages : deux enfants d’un même père n’ont pas forcément la même mère et les indications « frère » et « soeur » ne sont pas systématiquement complétées des épithètes utérin (de la même mère mais pas du même père), consanguin (du même père mais pas de la même mère) et germain (dont le père et la mère sont les mêmes), qui permettraient de lever les ambiguïtés possibles ;
  • les professions et les situations sociales, car en général les notaires sont très attachés, reflet de la société, aux professions, titres et charges qui témoignent de la situation sociale des parties. Attention cependant (comme dans les registres paroissiaux) aux titres utilisés abusivement ou sans preuves ;
  • les événements de la vie qui entraînent des mutations de propriété, même s’ils sont rarement décrits du point de vue de la précision d’une date : on déduira plus souvent une plage ou des dates butoirs qui permettent de situer un décès, un mariage ou une naissance ;
  • les éléments patrimoniaux, car c’est bien l’objet de tous ces actes notariés pour nos ancêtres : servir de preuve pour déterminer l’origine des biens et des fonds. Ceux d’entre vous qui se sont déjà penchés sur ces actes, notamment en cas de partages, de testaments et de contrats de mariage, ont sans doute été frappés comme moi de l’attention portée aux valeurs des biens, au calcul des intérêts, à l’inscription des termes de traites, le tout en général en toutes lettres (avec par contraste pour le lecteur actuel tout l’apport que constitue l’écriture numérique qui nous est familière).

Enfin, je citerai une limite forte des actes notariés : contrairement aux registres paroissiaux, ils laissent une place bien plus grande aux hommes qu’aux femmes car celles-ci étaient dans la plupart des cas considérées comme des mineures légales et ne pouvaient conclure d’acte sans autorisation de leur mari, père ou tuteur légal.

La situation de Remollon entre 1675 et 1700

Forte de ses 400 habitants à la Révolution, Remollon était une paroisse modeste de la vallée de la Durance, en amont de Tallard. Elle comptait cependant deux notaires à la période qui nous intéresse : Me Jean TANC (dit Jean TANC II pour le distinguer de son prédécesseur et homonyme, sans doute son père, ayant exercé de 1618 à 1662) qui a exercé de 1668 à 1697 et Me François COLOMB de 1682 à 1729.

Si les minutes ne sont pas disponibles sur le site des AD05, en revanche le sont les instruments de recherche de la sous-série 1 E (notaires), avec les paroisses de résidence, noms des notaires et les cotes des registres avec leurs dates extrêmes. Cela m’a permis, avant même de me rendre sur place, de cibler les cotes susceptibles de m’intéresser.

La « chance » d’un décès prématuré laissant un enfant posthume

Comme je viens de l’indiquer, il faut comme toujours de la chance pour rechercher dans des archives foisonnantes, dont l’objet n’est pas de laisser une trace par nature utile aux généalogistes – contrairement à l’état-civil et aux registres paroissiaux.

Dans ce cas, le fait que Claire SOUCHON ait été la fille posthume – et unique – de Jean SOUCHON m’a permis de récupérer beaucoup d’informations d’un coup :

  • Jean SOUCHON s’est marié – pour la première et seule fois – en 1677. Il est décédé avant la naissance de sa fille en 1683, les actes qui le concernent couvrent donc une période courte au cours de laquelle de nombreuses informations sur lui-même et sa famille sont disponibles ;
  • Décédé prématurément, il laisse une veuve, un enfant à naître posthume et des parents survivants ce qui, en matière de succession, bouscule un peu l’ordre des choses : les clauses de son contrat de mariage ne sont pas encore toutes exécutées, il n’a pas lui-même fait de testament. Ainsi, il laisse à son enfant et héritier des droits qu’elle ne pourra faire valoir avant longtemps, les obligations de sa belle-famille et de sa famille envers sa veuve peuvent être remises en cause et ses propres parents, qui lui ont fait des dons ou des promesses à l’occasion de son mariage ou de leur propre testament, doivent revoir leur copie. Tout cela entraîne un grand nombre d’actes de procédures qui sont exploitables pour le généalogiste.

Ce que j’ai appris

La transcription inattendue d’un contrat de mariage qui en dit long

J’ai décidé de renvoyer à un article spécifique à venir la description de tout ce que j’ai découvert qui a trait au règlement, complexe, de la succession de Jean SOUCHON et à la tutelle de sa fille, mon ancêtre Claire SOUCHON.

Cependant, parmi tous les actes relatifs à cette succession, une pièce était d’un intérêt généalogique direct : il s’agissait d’une convention passée devant Me Jean TANC (II) le 1er juin 1683 entre Jacques SOUCHON, le père de Jean, et Pierre SALVAT, tuteur de Claire. Cette convention commence par le rappel des termes du contrat de mariage entre Jean SOUCHON et Catherine SALVAT passé le 26 septembre 1677. De ce seul acte, très riche car il reprend les termes du contrat de mariage et donne en outre des circonstances intervenues entre temps, il ressort que :

  •  Jean SOUCHON était le fils de Jacques SOUCHON et de Françoise ROBERT, décédée « quelques jours » avant son fils le 24 juillet (1682). Elle lui avait donné la moitié de tous ses biens ;
  • Françoise ROBERT (SOSA 6524) était elle-même la fille de Claudonne SALAZARD, dite « aïeule maternelle » de l’époux. Elle lui avait donné, à l’occasion de son mariage, tous ses biens ;
  • Sans surprise, Catherine SALVAT était la fille de Pierre SALVAT, procureur aux juridictions de Seyne ;
  • Plus intéressant, Maître Durant SALVAT a donné à « sa petite fille » une somme de 300 livres, ce qui permet de connaître le nom du père de Pierre SALVAT ;
  • Enfin, sans doute une des informations les plus intéressantes de l’acte, Catherine SALVAT a ajouté à sa propre constitution dotale une somme de 50 livres qui lui avaient été léguées par « son aïeul maternel », Maître Jean NAS, « notaire de La Saulce ».

La filiation de Catherine SALVAT avec Jean NAS, notaire de La Saulce, est à rapprocher du fait que François NAS de ROMANE est présenté comme l’oncle de la même Catherine SALVAT dans plusieurs actes (voir plus haut). Cette information a fait un écho heureux avec l’article « NAS » de l’Armorial haut-alpin et a battu en brèche une hypothèse antérieure que j’avais faite pour situer la mère de Catherine SALVAT dans la famille NAS. J’aurai sans doute l’occasion de l’expliquer dans un autre billet (édit du 16/11/2014 : il s’agit de cet article).

En conclusion, cet acte, trouvé à l’occasion d’une consultation systématique des minutes de Me Jean TANC II (1680-1685, cote 1 E3619), permet de compléter significativement l’arbre de Claire SOUCHON, alors même que le contrat de mariage de ses parents nous était jusqu’alors inconnu et que nous ne savons toujours pas devant quel notaire il a été passé. On y gagne le nom d’une grand-mère, Françoise ROBERT, épouse SOUCHON, et de trois arrières-grands-parents : Claudonne SALAZARD, épouse ROBERT, Durant SALVAT et Jean NAS.

Une recherche systématique dans les contrats de mariages

Avec ces éléments, bien plus substantiels que ce que m’avaient appris les seuls actes paroissiaux des Alpes-de-Haute-Provence, j’étais en mesure de conduire un parcours plus systématique des actes notariés passés auprès des notaires de Remollon, et notamment Maîtres Jean TANC (I et II).

J’ai été beaucoup aidé en cela par un instrument de recherche disponible aux AD05 : un relevé des contrats de mariage et testaments par paroisse coté 4° PIECE 2718. J’y ai notamment relevé :

  • Le contrat de mariage de Jacques ROUBERT (sic) et Claudonne SALLAZARD le 6 novembre 1626 ;
  • Le testament de Claudonne SALLAZARD le 20 janvier 1627 et celui de Jacques ROUBERT le 16 avril 1636.

J’ai copié certains de ces actes, mais j’ai manqué d’à propos lorsque, lisant le contrat de mariage de Jacques ROUBERT et Claudonne SALLAZARD, j’ai découvert qu’il s’agissait du second mariage de cette dernière. Son veuvage d’un premier mariage faisait écran, du point de vue du droit et des successions, à son hérédité. J’aurais donc dû rechercher son premier contrat de mariage, avec Claude ALLARD, que je me rappelle pour ma honte avoir aperçu dans la liste de ceux reçus par ce même notaire de Remollon.

Dans tout cela, rien de vraiment nouveau, si ce n’est le prénom du père de Françoise ROBERT/ROUBERT, Jacques.

Etat des connaissances de l'arbre de Claire SOUCHON (SOSA 1631) d'après les actes consultés aux AD05

Etat des connaissances de l’arbre de Claire SOUCHON (SOSA 1631) d’après les actes consultés aux AD05

C’est ensuite que ça se corse, car s’y trouvaient aussi :

  • Le contrat de mariage de Jacques SOCHON, fils de Jacques (baille), et Françoise ROUBERT, fille de Jacques et de Claudonne SALLAZARD le 2 décembre 1637 ;
  • Le même jour, le contrat de mariage de Jacques SOCHON (baille, veuf), avec Claudonne SALLAZARD (veuve de Jacques ROUBERT) ;
  • Toujours le même jour, le contrat de mariage de Nicolas SOCHON et Marie ROUBERT, les deux promis ayant les mêmes parents que Jacques « le jeune ». Une mention marginale indiquait que ce contrat n’avait pas eu d’effets, ce que j’ai pu vérifier.

J’avoue qu’il m’a fallu reprendre mes esprits quelques instants pour comprendre comment autant de noms déjà connus pouvaient être mêlés dans un seul acte – car il s’agit bien d’un seul et même contrat liant six personnes, les parents agissant pour les enfants mineurs.

En réalité, c’était une opération relativement courante, que les parents veufs se remarient entre eux au moment du mariage de leurs enfants, ici un double mariage qui devient triple. Cela devait notamment, je pense, simplifier les successions en évitant que le veuf ou la veuve n’apporte à son nouvel époux des droits sur la succession de l’ancien qui pourraient créer des litiges avec les enfants du premier lit.

En l’occurrence, ironie du sort, tout le monde semble avoir misé sur le mauvais cheval (on se rappelle que Claudonne SALLAZARD avait fait de son petit-fils Jean – qui était donc aussi le petit-fils de son deuxième mari – son héritier universel) et ces remariages ont participé de l’embrouillamini que le conseil de famille et le tuteur de Claire SOUCHON ont dû démêler après la mort prématurée de Jean SOUCHON.

Mais ceci est une autre histoire…

 

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Avancée en Bourgogne

Ce bref billet a pour objet de vous dire que j’ai résolu l’une des deux origines inconnues parmi mes ancêtres bourguignons qui habitaient le système Aluze-Charrecey en Saône-et-Loire.

En effet, même si je ne vous ai pas encore décrit les familles qui étaient présentes dans cette petite partie de la côte chalonnaise, je vous ai fait comprendre que j’étais frustré de ne pas réussir à remonter beaucoup parmi les ancêtres de Geneviève NIAUD (SOSA 199), la souche de mes aïeux nés dans le système.

En réalité, j’avais deux impasses :

  • le lieu d’origine de sa grand-mère paternelle, Françoise JEANNIARD (SOSA 797), dont les recherches m’ont montré que son nom n’était pas local,
  • le lieu d’origine de son arrière-grand-mère parternelle, Jeanne BRESSON ou BRUSSON (SOSA 1593), dont le patronyme est au contraire présent tout autour d’Aluze et de Charrecey.

C’est un peu pour circonscrire mes recherches concernant ces deux ancêtres que j’avais essayé de comprendre et de décrire l’espace vécu par mes ancêtres bourguignons, en pensant les trouver toutes deux dans ce périmètre.

Eh bien, pour Françoise, il n’en est rien, même si a posteriori je me dis que toute la méthode présentée dans mon article précédent a du sens, car je ne suis pas passé loin.

Un déplacement local un peu plus ample que prévu

Vous vous souvenez sans doute que, pour décrire l’espace vécu je me suis appuyé :

  1. Sur les paroisses situées à moins de 10 km à vol d’oiseau,
  2. Sur les villes qui ont pu jouer un rôle d’attracteurs, situées à moins de 20 km à vol d’oiseau,
  3. J’ai modulé la réunion de ces deux espaces par l’influence du relief, des limites politiques, des voies de circulation, etc.

Et j’ai ainsi obtenu l’espace vécu suivant, pour le cas qui nous intéresse.

L'espace vécu autour du système Aluze-CharreceyJ’avais notamment pensé, sur un critère de géographie physique mais aussi politique et administratif qu’il fallait étendre cet espace plus loin vers le nord que dans les autres directions, puisqu’il s’agissait de suivre la plaine de la Saône, parcourue par une voie qui conduisait à la capitale locale, Dijon. Je n’avais cependant pas osé pousser jusqu’à Beaune, à 24 km à vol d’oiseau, et je m’étais arrêté dans cette direction à Meursault.

Eh bien, par une recherche sur Généabank, auquel j’ai accès en tant que membre de l’Association généalogique des Bouches-du-Rhône (AG 13), j’ai fini par trouver le mariage de Françoise JEANNIARD avec Philibert NIAUD (mal orthographié NIANT, ce qui explique que je ne l’aie pas trouvé plus tôt) à … Bouilland, riante commune du canton de Beaune-Nord, dans l’arrondissement de Beaune, en Côte-d’Or, soit à 33 km à vol d’oiseau du système !

33 km séparent Bouilland (21) d'Aluze et Charrecey (71)

33 km séparent Bouilland (21) d’Aluze et Charrecey (71)

Les JEANNIARD y étaient, pour ce que j’en sais à ce stade, laboureurs.

Françoise y était née en 1721 et son mariage avec Philibert NIAUD en 1751. Il est bien indiqué dans cet acte de mariage qu’il est fils de Claude NIAUT, vigneron à Charcey (pour Charrecey), diocèse de Chalon-sur-Saône.

Faut-il redimensionner mon espace vécu ?

Le trajet parcouru par Françoise JEANNIARD est important : elle a quitté les alentours de Beaune pour rejoindre le chalonnais, presque 40 km plus au sud. Cependant, elle n’a pas quitté ce qui était déjà la Bourgogne ni cette côte qui surplombe la plaine de Saône.  A ce titre, son déplacement se trouve à la frange entre une migration et une mobilité locale.

Je manque pour l’instant de tout élément pour comprendre ce déplacement, mais il faut dire que je ne connais pas encore bien les JEANNIARD de Bouilland. Cependant, la question se pose : est-ce que les limites que j’ai prises pour définir l’espace vécu par mes ancêtres sont les bonnes ? En particulier, se limiter à 20 km à vol d’oiseau pour les villes, est-ce suffisant ? Ne faudrait-il pas tenir compte également des routes qui conduisent aux principales villes et qui, par tache d’huile, en prolongent l’attractivité au-delà de cette distance ?

Autant de questions qui n’ont sans doute pas de réponse définitive, mais qui mériteront, la prochainement fois que je ferai la carte d’identité d’un système, que je considère les distances avec un peu plus de souplesse.

Si la piste de Françoise JEANNIARD a été retrouvée, ce qui va me permettre d’explorer et de vous présenter ses propres ancêtres autour de Bouilland, ce n’est pas le cas de Jeanne BRESSON ou BRUSSON, sa belle-mère, pour laquelle je continue mes recherches autour d’Aluze et Charrecey.

Mais ceci est une autre histoire…

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Carte d’identité du système Aluze-Charrecey

J’ai déjà eu l’occasion de présenter dans l’article relatif à mes ancêtres bourguignons ce tout petit système géographique situé dans la côte chalonnaise, pour l’instant peu étendu puisque je suis malheureusement rapidement bloqué dans mes recherches.

Ce billet inaugure mon projet de faire des cartes d’identité des systèmes géographiques que je rencontre, qui visent à tenter de situer les ancêtres qui en sont originaires dans leur espace vécu : les lieux où ils vivaient, où ils se rendaient aisément et sans doute fréquemment, ceux au contraire plus lointains où ils devaient se rendre pour affaires, etc. C’est-à-dire, du point de vue du généalogiste, les lieux où il faut sans doute chercher les ancêtres manquants…

Pour cela, je tenterai de recourir à des éléments de géographie physique et humaine, mais aussi d’histoire politique et administrative, essentiellement sous forme de cartes et d’illustrations.

Je n’ajouterai pas de texte à ce billet, qui a vocation à se lire comme une « infographie » (je m’autorise des guillemets ici car je n’ai pas trouvé de définition claire de cet outil de communication, pourtant abondamment utilisé sur internet ces temps-ci).

Où trouver le système géographie aujourd'hui ?Sur quelle période regarde-t-on le système ? Qui étaient mes ancêtres présents dans le système ?Quelle influence des villes et des voies anciennes autour du système ?Quelle influence du relief et des rivières sur l'espace vécu autour du système ?Comment se situait le système dans l'organisation politique d'Ancien Régime ?L'espace vécu autour du système Aluze-CharreceySources :

Les fonds de carte proviennent tous du Géoportail de l’IGN : carte au 1/25 000e, Carte de Cassini, Carte du relief.

Les informations ont été glanées principalement sur Wikipédia.

N’hésitez pas à réagir sur le format choisi ou les informations que j’ai essayé de reconstituer. Il manque notamment une étape sur les paysages, la culture et l’agriculture locales, mais je manquais d’éléments objectifs pour faire le lien entre la situation actuelle et celle vécue il y a 200 ans. Toutes les suggestions en la matière sont particulièrement bienvenues.

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Quelles sont mes origines ? – Une actualisation

La généalogie est liée tout autant à l’histoire qu’à la géographie, la vie nos ancêtres ayant été fortement conditionnée par le lieu où ils vivaient, de même que par le cours des événements qui sont arrivés jusqu’à nous et qui ont pu, pour certains, leur rester étrangers.

Ruraux ou citadins, montagnards ou côtiers, ils étaient confrontés à des conditions de vie qui façonnaient leurs alliances, leurs métiers et leurs déplacements. Habitant le centre d’un pays ou près d’une frontière, ils ont vécu plus ou moins de transferts politiques et administratifs qui ont modifié, par ricochet, les lieux d’attraction de leur vie quotidienne (marchés et foires, sièges des tribunaux, douanes et péages, etc.).

J’ai eu l’occasion de consacrer plusieurs billets à cette interface entre généalogie et géographie, que ce soit de manière globale (description de mes origines – parties 1 et 2) ou, plus locale, en parlant de systèmes géographiques (Autour de la Montagne de Lure et Mes ancêtres bourguignons). C’est pour moi l’occasion de créer quelques outils et quelques cartes qui, je l’espère, servent à éclairer ces deux grandes questions du généalogiste : savoir d’où il vient et comment vivaient ses ancêtres.

Répartition quantitative

Avant de lire cette partie, je vous invite à jeter un coup d’oeil aux articles cités plus haut sur mes origines familiales, qui présentent la méthode quantitative de détermination des origines à partir de l’analyse de la canopée de mon arbre d’ascendance. Je l’ai utilisée notamment pour une branche de mes ancêtres siciliens et pour mon ascendance provençale.

Il s’agit ici essentiellement de mettre à jour, en l’état actuel de mes recherches, la première colonne du tableau suivant (à retrouver dans l’article Quelles sont mes origines ? (Seconde partie))

Poids dans mes origines des départements français hors Bouches-du-Rhône

Poids dans mes origines des départements français hors Bouches-du-Rhône

Voici la répartition actuelle, avec le même code couleurs, dans laquelle j’ai choisi de regrouper des départements qui sont en interaction forte et qu’il n’est pas cohérent de séparer :

  • Bouches-du-Rhône, Var, sud Vaucluse,
  • Tarn, Aveyron,
  • Gard, Lozère,
  • Corrèze, Haute-Vienne,
Répartition de mes ancêtres en fonction de la plus lointaine origine connue dans chaque branche. Code couleur : jaune = mon propre lieu d'origine, orange = départements limitrophes, rouge = autres départements français, bordeaux = autres pays

Répartition de mes ancêtres en fonction de la plus lointaine origine connue dans chaque branche. Code couleur : jaune = mon propre lieu d’origine, orange = départements limitrophes, rouge = autres départements français, bordeaux = autres pays

Les principales évolutions liées à l’avancement de mes recherches sont les suivantes :

  • baisse de la présence des Alpes-de-Haute-Provence du fait de la découverte de branches partant vers d’autres départements,
  • rattachement des Alpes-Maritimes au Piémont : compte tenu de la période à laquelle remonte l’origine (XVIIIe siècle), il n’était pas cohérent de considérer ces ancêtres comme français,
  • apparition de l’Isère et de la Haute-Savoie, qui n’avaient pas été trouvés à l’époque.

La carte suivante fait apparaître cette répartition : la surface des disques est proportionnelle au taux de présence dans mes origines.

Répartition de mes origines par départements/régions

Répartition de mes origines par départements/régions

J’ai mentionné par un macaron rouge la présence d’ancêtres nobles dans certains lieux, car les modes d’alliance de ces ancêtres spécifiques entraîne une volatilité géographique dans les générations précédentes, qui n’est pas illustrée par cette carte.

Ainsi, par exemple, pour l’ensemble Corrèze/Haute-Vienne, on trouve des ancêtres nobles lointains originaires de Dordogne, de Charente, encore plus loin de Normandie, Bretagne, etc. et encore plus anciennement de toute l’Europe avec des branches royales.

Apparition des lieux en fonction de la génération d’ émigration

Logiquement, un lieu est d’autant moins représenté dans mon ascendance que le ou les individus qui en sont originaires sont anciens. Cependant, certains lieux peuvent avoir engendré plusieurs ancêtres dans des branches différentes, auquel cas les taux de présence s’ajoutent.

La carte suivant fait apparaître, par un code couleurs, la génération par rapport à moi de l’ancêtre le plus récent originaire du lieu (département, région) considéré, c’est-à-dire la génération du premier émigrant hors du lieu.

Répartition de mes origines en fonction de la génération de l'ancêtre le plus récent originaire des lieux

Répartition de mes origines en fonction de la génération de l’ancêtre le plus récent originaire des lieux

Il faut donc comprendre, par exemple, que mon ancêtre le plus récent ayant quitté la Sicile est un de mes arrières-grands-parents (en l’occurrence deux AGP), ou encore que c’est un ancêtre à la 7e génération qui a, en dernier, vécu dans l’Aude ou la Savoie.

Notez la présence d’ancêtres indiqués comme « parents inconnus », qui sont en fait les parents d’enfants abandonnés ou nés de père inconnu. Ils représentent tout de même près de 3 % de mon ascendance !

Diagramme des migrations

Si maintenant on quitte le champ de la géographie stricte, on peut s’intéresser à la manière dont les lieux présents dans mon ascendance (ici, en général des départements français ou des régions/pays étrangers) sont reliés entre eux par les migrations de mes ancêtres.

En effet, certains lieux sont, en l’état actuel de mes recherches, des lieux d’origine de certains de mes ancêtres. D’autres sont uniquement des lieux de passage car tous les ancêtres qui y ont vécu étaient originaires d’ailleurs. Enfin, certains lieux sont les lieux d’origine de certains ancêtres et ils ont aussi accueillis d’autres ancêtres originaires d’ailleurs. Sans surprise, toutes les migrations conduisent à mon propre lieu d’origine, soit directement, soit avec quelques étapes…

Le schéma suivant illustre ces informations. Il a l’air un peu compliqué vu de loin, mais ne vous effrayez pas !

Schéma présentant les lieux d'origine, les lieux de passage et les migrations de mes ancêtres

Schéma présentant les lieux d’origine, les lieux de passage et les migrations de mes ancêtres

Donc, comme tente de l’expliquer la légende, les disques verts correspondent à des lieux d’origine purs (Savoie, Sicile, etc.), les disques oranges à des lieux de passage purs (Tunisie, Loire) et les « camemberts » qui mélangent du vert et du orange sont des lieux mixtes, à la fois lieux d’origine de certains ancêtres et lieux de passage d’autres. Enfin, chaque flèche représente une (ou plusieurs) migrations : un (ou plusieurs) ancêtre a quitté le disque de départ pour rejoindre le disque d’arrivée. Le statut du disque central est un peu particulier : la partie orange ne représente pas vraiment un lieu de passage mais, de mon point de vue, un lieu d’installation. Mais peut-être sera-t-il lui-même un passage pour mes enfants ?

Comme pour les autres schémas de ce billet, j’ai respecté une règle de surface des disques : elle est proportionnelle à la proportion de présence du lieu dans mes origines. Seule différence avec les cartes montrées plus haut, qui présentaient uniquement les lieux d’origine : la surface des disques correspond maintenant à une présence comme lieu d’origine ET comme lieu de passage. Pour cette raison, la surface du disque central, qui représente le lieu où je suis né, correspond à 100 % de mes origines.

Quelques remarques pour finir

Dispersion

Je dois avouer qu’à la lecture du diagramme et des cartes ci-dessus, je suis toujours impressionné par la dispersion de mes ancêtres, en particulier en France. On trouve pas moins de 18 lieux différents en France, allant du nord au sud de l’Indre-et-Loire à l’Aude et d’est en ouest de la Savoie à la Dordogne. Il faut dire que le point d’arrivée de tout cela est tout de même la deuxième ville de France et un pôle économique majeur de la révolution industrielle, ce qui explique sans doute son attractivité pour des gens venant d’un peu partout.

Si l’un de vous s’est prêté à l’exercice pour lui-même et a envie de commenter pour me dire s’il rencontre une telle mobilité de ses ancêtres, je suis très intéressé.

Choix des lieux : les systèmes géographiques

Vous avez peut-être été surpris de la manière dont je me suis affranchi, pour tous les calculs et dans les schémas, de certaines limites administratives. J’ai rapidement expliqué que c’était parce qu’il y avait des interactions fortes entre certains secteurs de ces départements qui ne justifiaient pas de les séparer.

C’est en réalité la notion de système géographique qui prévaut, une notion que j’ai abordée de manière assez détaillée dans l’article sur la Montagne de Lure. Un système géographique est un ensemble de communes ou de paroisses proches, c’est-à-dire à portée d’un déplacement quotidien pour nos ancêtres (moins de 15 km, voyez le billet sur mes ancêtres bourguignons), entre lesquelles les actes montrent que mes ancêtres circulaient naturellement : ils vont se marier dans une paroisse voisine, leur père est lui-même originaire d’une autre de ces paroisses voisines, un de leurs enfants est né chez une grand-mère dans une autre paroisse, etc. De proche en proche, ces systèmes peuvent au final être assez étendus puisque je ne considère qu’il y a un changement de système que si un déplacement est supérieur à 15 km.

Ainsi, quand j’utilise plus haut, un peu artificiellement, les départements actuels pour créer des ensembles d’ancêtres, je me réfère en réalité aux systèmes géographiques qu’ils renferment, qui sont évidemment beaucoup plus limités spatialement qu’un département. Et comme certains de ces systèmes sont à cheval sur deux départements, je regroupe ces deux départements sous une même étiquette.

J’ai décidé de créer une nouvelle page où je mettrai les billets consacrés aux systèmes géographiques. Vous pourrez ainsi voir combien ces objets peuvent être différents entre eux et s’affranchir totalement des limites administratives, historiques comme actuelles.

Mais ceci est une autre histoire…

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Mes ancêtres bourguignons (Partie 1)

La surprise bourguignone

Des origines dans le centre-est connues depuis longtemps mais inexplorées

J’ai découvert mes ancêtres bourguignons, alors que mes origines sont principalement méridionales, au détour d’une remontée dans le temps que j’avais commencée il y a longtemps, à l’époque où je ne pouvais chercher qu’aux archives départementales des Bouches-du-Rhône.

En effet, j’ai pu à cette époque remonter étape par étape les générations de mes ancêtres maternels, tous marseillais dans les générations récentes (j’ai déjà eu l’occasion de présenter ici la lignée agnatique de ma mère), jusqu’à cette découverte géographiquement surprenante : le premier des MARC (lignée L-2) arrivés à Marseille, Pierre Etienne (SOSA 48), lui-même né dans le Tarn, avait épousé Geneviève CHABEAUD (SOSA 49), née dans la Loire, à Firminy (chef-lieu de canton) :

Acte de mariage de Pierre Etienne MARC (SOSA 48) et Geneviève Eugénie CHABAUD (SOSA 49) à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Acte de mariage de Pierre Etienne MARC (SOSA 48) et Geneviève CHABAUD (SOSA 49) à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Et les surprises ne s’arrêtaient pas à ce premier grand-écart géographique, puisque les actes de décès des parents de Geneviève, à Marseille, nous apprenaient que son père, Louis CHABAUD (SOSA 98), était né à « Limousse (Aude) » et sa mère, Eugénie ROSSIGNEUX (SOSA 99), à « Chassey (Côte-d’or) » (voir ci-dessous). Longtemps, mes recherches se sont arrêtées à ces indications indirectes, qui laissaient voir que la fille d’une Bourguignonne et d’un Roussillonnais, née dans la Loire, avait épousé à Marseille un enfant du Tarn.

Acte de décès de Louis CHABAUD (SOSA 98) à Marseille  (Bouches-du-Rhône)

Acte de décès de Louis CHABAUD (SOSA 98) à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Acte de décès d'Eugénie ROSSIGNEUX (SOSA 99) à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Acte de décès d’Eugénie ROSSIGNEUX (SOSA 99) à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Les archives départementales de l’Aude n’étaient alors pas consultables en ligne, j’en suis donc toujours au même point en ce qui concerne les CHABEAUD.

En revanche, avec la mise en ligne des archives départementales de la Côte-d’Or, j’ai cru avancer en ce qui concerne Eugénie ROSSIGNEUX. Cependant, à Chassey, dans le canton de Semur-en-Auxois, point de ROSSIGNEUX. Guidé par la présence de ce patronyme dans l’est du département, je m’étais alors orienté vers un autre Chassey, un hameau de Mutigney, canton de Montmirey-le-Château, dans le Jura. Ce lieu-dit, limitrophe de la Côte-d’Or et de la Haute-Saône, avait pu faire l’objet d’une erreur de localisation par l’officier d’état-civil ou, plus vraisemblablement, par les témoins.

Cependant, l’absence d’archives en ligne pour le Jura (elles sont toujours minimalistes en ce qui concerne l’état-civil) m’avait obligé à remettre mentalement cette exploration à plus tard.

Où une méprise remplace l’autre

C’est la mise en ligne des archives départementales de la Loire qui m’a finalement permis d’avancer, en retrouvant l’acte de mariage de mes SOSA 98 et 99, (Jean-)Louis CHABAUD/CHABOT (ou CHABEAUD) et Eugénie ROSSIGN(I)EUX.

Mar CHABAUD ROSSIGNEUX Firminy 1839 p 53 1:2

Première page de l’acte de mariage de Jean-Louis CHABOT (SOSA 98) et Eugénie ROSSIGNIEUX (SOSA 99) à Firminy (Loire)

La première page de cet acte fait apparaître clairement la méprise lors de l’enregistrement du décès : Eugénie ROSSIGNEUX était née à Charrecey, dans le canton de Givry, en Saône-et-Loire et non à Chassey : ni en Côte-d’Or, ni dans le Jura, donc. A la décharge des témoins, l’orthographe « Charrecey » est récente et remplace « Charcey », plus proche de « Chassey », et il y a moins de 10 km entre Charrecey et la limite entre la Saône-et-Loire et la Côte-d’Or (pour l’anecdote, le village de Chassey-le-Camp, dans le canton de Chagny en Saône-et-Loire mais limitrophe de la Côte-d’Or, se situe tout près de Charrecey).

Si on récapitule : Eugénie ROSSIGNEUX, née à Charrecey en Saône-et-Loire et mariée à Firminy dans la Loire, est décédée à Marseille dans les Bouches-du-Rhône, une belle trajectoire de vie. Encore plus belle était celle de son mari, Louis CHABEAUD, né à Limoux, dans l’Aude (non vérifié par les actes à ce jour cependant), marié à Firminy et mort à Marseille.

Je vais donc m’intéresser ici aux ascendants d’Eugénie ROSSIGNEUX autour de Charrecey, et en réalité surtout à sa branche maternelle puisque son père, Denis ROSSIGNEUX, était originaire du Jura, ce qui recoupe le fait que j’avais localisé ce patronyme plutôt à l’est de la Côte-d’Or dans mes premières recherches.

Système géographique : une analyse simplifiée

J’ai choisi de ne pas reprendre ici toute la méthode d’analyse que j’avais développée pour le système géographique de la Montagne de Lure, parce que le système est beaucoup pour plus limité et que son analyse complète paraîtrait sans doute artificielle. Je me contenterai donc de considérations topologiques et géographiques liées à l’histoire et à ma généalogie.

Charrecey et Aluze, dans le vignoble bourguignon

Les deux paroisses où ont vécu mes ancêtres bourguignons, connues à ce jour, sont situées dans l’arrondissement de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire : Charrecey (canton de Givry), déjà citée, et Aluze (canton de Chagny).

Carte administrative de Saône-et-Loire, pointant Aluze et Charrecey (cercle orange) - Source : IGN/Géoportail

Carte administrative de Saône-et-Loire, pointant Aluze et Charrecey (cercle orange) – Source : IGN/Géoportail

Du point de vue géographique, Charrecey et Aluze se situent dans la partie nord de la côte chalonnaise, nichés dans le relief de la cote, un peu en retrait de la plaine de la Saône, dans ce qui était déjà (les mentions de paroissiens vignerons sont abondantes) une partie du vignoble bourguignon. La commune de Mercurey, limitrophe de Charrecey dans le même canton de Givry, est bien connue par exemple pour son AOC communale.

La carte de Cassini comme la carte IGN moderne montrent bien les deux villages situés non loin de la route allant d’Autun à l’ouest à Chalon-sur-Saône à l’est, aujourd’hui toutes deux sous-préfectures de Saône-et-Loire, villages dominés localement par les villes de Couches à l’ouest et Bourgneuf/Mercurey à l’est.

Planche de la carte de Cassini montrant les villages de Charrecey et A(l)luze

Planche de la carte de Cassini montrant les villages de Char(r)ecey et A(l)luze – Source : IGN/Géoportail

Carte IGN montrat Charrecey et Aluze dans leur contexte actuel - Source : IGN/Géoportail

Carte IGN montrant Charrecey et Aluze dans leur contexte actuel – Source : IGN/Géoportail

Où et pourquoi se déplacer

Comme nous le savons tous, la micromobilité de nos ancêtres, dont j’ai parlé à propos de Saint-Etienne-les-Orgues par comparaison aux migrations qu’ils ont parfois réalisées au cours d’une vie, leur permettait notamment de limiter la consanguinité de leurs alliances. Une ou deux paroisses, à moins d’être particulièrement isolées, peuvent donc rarement contenir à elles seules toutes les alliances sur plusieurs siècles des ascendants d’un ancêtre donné. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre quels étaient les lieux susceptibles d’être en relation avec les paroisses déjà connues. Ces lieux me semblent intuitivement découler de deux déterminants concurrents : le temps pour les rejoindre et les motifs de déplacements qu’ils présentent.

Le temps tout d’abord est déterminant : nos ancêtres agriculteurs et ouvriers avaient de nombreuses obligations dans leur village et s’absentaient probablement le moins longtemps possible. En outre, il n’était pas toujours simple de se loger – ou tout au moins de dormir dans des conditions acceptables de sécurité, de température, etc. – sur un lieu de déplacement. Pour les nécessités les plus courantes, il est probable qu’ils privilégiaient un déplacement sur la journée, donc au maximum 4 heures de marche aller, 4 heures de marche retour (en été !) soit, à raison de 3 à 5 km/h, une portée de déplacements de 12 à 20 km, disons 15 km pour fixer les idées. N’oublions pas évidemment que la présence d’obstacles (cours d’eau, relief, forêts, villes) joue également sur la durée du déplacement, et donc sa portée.

Les motifs de déplacements sont les facteurs qui incitent à se déplacer. Ils sont d’autant plus nombreux qu’un lieu concentre des points ou des activités d’intérêt : ils étaient essentiellement commerciaux pour nos ancêtres agriculteurs ou marchands, mais aussi judiciaires et administratifs (sièges de juridictions, notaires), religieux (obtention de dispenses), etc. En outre, les villes concentraient des emplois, notamment de domestiques et d’artisans, donc autant de raisons de s’y rendre pour visiter un parent ou un ami et d’ailleurs autant d’opportunités de s’y loger facilement.

Si les motifs sont évidemment très dépendants de la profession et de la situation sociale de nos ancêtres, j’ajoute que la vitesse de déplacement, et donc la distance typique, l’étaient tout autant : un cheval au pas marche presque deux fois plus vite qu’un homme, et quatre fois plus vite au trot (Source : Wikipédia/Allure (équitation)). Avec de bonnes raisons d’aller dans un lieu plus lointain, tel qu’une ville, nos ancêtres pouvaient donc louer une charrette à cheval ou profiter du déplacement en voiture (à cheval) d’un voisin ou même d’un passant, ou accepter une journée de marche avec la perspective de dormir sur place.

Pour fixer les idées, même si tout cela n’est constitué que d’hypothèses et  d’approximations, on peut donc dire qu’ils pouvaient en gros consacrer le double de distance à un déplacement en ville, soit environ 30 km.

En résumé, si on veut identifier les paroisses où des alliances non trouvées localement sont susceptibles de s’être produites, il faut chercher deux types de lieux : les paroisses voisines situées à moins de 15 km et les villes situées à moins de 30 km.

Dans de nombreuses régions françaises, de tels rayons amènent déjà à un nombre très considérable de paroisses…

Bien sûr, ce raisonnement repose sur des probabilités : il n’interdit en rien que, plus rarement, nos ancêtres aient pu être amenés à se marier beaucoup plus loin de chez eux. Et surtout, ne perdons pas de vue le déterminant social : plus on est riche, plus on se marie loin, cela est vrai (de manière grossière) depuis les paysans jusqu’aux rois.

Quelle distance ?

Mais de quelle distance parle-t-on ? Évidemment de la distance réellement parcourue par nos ancêtres, c’est-à-dire par la route et non à vol d’oiseau. Or, sur une carte, il est bien plus simple de tracer des cercles pour déterminer des distances à vol d’oiseau, alors je me suis demandé s’il existait un ratio (un rapport) simple et un peu général entre ces deux distances. Assez étonnamment, j’ai trouvé une carte intéressante dans un rapport de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé, à propos de l’accès à un médecin généraliste depuis les communes françaises au 1er janvier 2007. Le ratio sur toute la France est de 1,21, ce qui signifie qu’en moyenne un médecin situé à 10 km à vol d’oiseau sera rejoint en 12,1 km par une route…

Bien sûr, ce chiffre renvoie à la situation routière française au XXIe siècle et non sous l’Ancien Régime, il faut donc s’imaginer que ce ratio était moins bon, mais je ne pense pas énormément moins, parce que dans la grande majorité des cas les autoroutes, par exemple, n’ont pas réduit les distances, qui nous intéressent ici, mais les temps de trajet.

Donc, au final, je retiendrais bien un ratio de 1,5 (15 km par la route pour 10 km à vol d’oiseau)… ce qui limite le champ de recherche, mais pas tant que ça.

Autour de Charrecey et d’Aluze

Les paroisses à moins de 15 km par les routes actuelles

Le tableau suivant fait apparaître la liste de toutes les communes situées à moins de 15 km d’Aluze ou à moins de 15 km de Charrecey, par les routes actuelles (calcul Google Maps). J’y ai ajouté les principales villes du secteur : Chalon-sur-Saône, Autun, Beaune (Côte-d’Or), Montceau-les-Mines et Le Creusot, qui ont pu, malgré leur éloignement, jouer un rôle dans la vie de nos ancêtres du fait de leur importance locale. Pour chaque commune, sa population en 1962 est indiquée car la taille de la ville ou du bourg est un bon indicateur de son attractivité pour nos ancêtres paysans.

Communes_15km_AluChaLes paroisses les plus proches à vol d’oiseau

Bien sûr, Charrecey et Aluze sont d’abord mutuellement les paroisses les plus proches l’une de l’autre pour être situées à moins de 2 km à vol d’oiseau.

Ensuite, à partir de Charrecey, on trouve :

  • Saint-Léger-sur-Dheune, à 2,4 km, avec cependant une petite côte,
  • Mercurey : même si située à 3,7 km de distance, cette petite ville (Bourgneuf à l’époque) était située en bordure du val de Saône, et donc en quelque sorte dans le sens de la pente,
  • Dennevy, accessible par la vallée de la Dheune depuis Saint-Léger à 5 km environ,
  • Saint-Mard-de-Vaux et Chamilly, à 4,5 km mais qui supposaient de passer quelques vallons de la Côte chalonnaise.

Depuis Aluze, on rencontre :

  • Chamilly à 2 km, donc sans doute en forte interaction,
  • Dennevy, à 3,5 km,
  • Saint-Gilles à 3,7 km, aussi dans la vallée de la Dheune,
  • Saint-Léger-sur-Dheune, à 4 km par Charrecey,
  • Mercurey à 4 km vers le val de Saône,
  • Chassey-le-Camp, à 4,5 km juste avant la limite de la Côte-d’Or,
  • Rully à 5 km dans le sens de la pente, direct depuis Aluze.

Ces communes se répartissent entre les cantons de Chagny et de Givry, dans l’arrondissement de Chalon-sur-Saône.

C’est donc dans ces paroisses en premier lieu que je me dois de rechercher les ancêtres qui conduisent à des impasses dans les actes des deux paroisses initiales. Comme on le verra, ces blocages sont malheureusement nombreuses à ce jour.

Mais ceci est une autre histoire…

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Ajout dans mon arbre : les ROUX de Tartonne

Localisation de Tartonne sur une carte - Source : IGN/Géoportail

Localisation de Tartonne sur une carte – Source : IGN/Géoportail

Cela fait quelques années que je connais l’excellent site d’Hélène et Thierry BIANCO consacré en grande partie à la généalogie et à l’histoire. Excellent sans aucun doute pour la qualité des analyses généalogiques et historiques qu’il propose, il l’est aussi, pour nous autres amateurs, parce qu’il met à disposition des relevés systématiques de nombreuses paroisses et de nombreuses minutes de notaires dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Cher, la Drôme, le Loiret, la Marne, la Nièvre, le Haut-Rhin, le Var, Vaucluse et l’Yonne. En un mot : c’est une oeuvre d’utilité publique qu’Hélène et Thierry ont réalisée sous le prétexte ô combien louable d’explorer la généalogie de leurs enfants.

S’ils ont sans aucun doute un grand intérêt pour beaucoup de généalogistes amateurs, ils m’ont personnellement permis d’agrandir mon arbre grâce à leurs relevés paroissiaux et notariés de Tartonne, cette petite paroisse des Alpes-de-Haute-Provence qui est aujourd’hui une commune de 136 habitants du canton de Barrême et de l’arrondissement de Digne. Et ce n’est peut-être pas fini. Donc : merci à Hélène et Thierry !

Le fait de posséder simultanément, et sous un format permettant la recherche rapide grâce au module de recherche du logiciel (en l’occurrence, il s’agit de tableaux Excel), des relevés des registres paroissiaux et des actes notariés sur une large période (1633-1789 pour les BMS et 1641-1768 pour les actes notariés !) est une opportunité formidable de reconstituer des fratries et de branches entières, avec très souvent énormément de filiations certaines et quelques hypothèses faciles à faire converger du fait de la multiplicité des actes mentionnant des liens de parenté.

Je vais donc dans ce billet réaliser sous vos yeux la reconstitution d’une de mes lignées originaires de Tartonne : celles des ROUX.

Pour remonter jusqu’à Tartonne

Le territoire communal de Tartonne - Fond de carte : Google Maps

Le territoire communal de Tartonne – Fond de carte : Google Maps

Comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer dans les billets consacrés à mon ascendance provençale et à mon ancêtre Léon MARC, les Alpes-de-Haute-Provence, terre d’émigration très ancienne vers le pays d’Aix-en-Provence et les zones côtières autour de Marseille, occupent une place numérique importante dans mon ascendance et en particulier dans celle de mon arrière-grand-père Charles Louis MARC (SOSA 12), fils dudit Léon MARC. En effet, sa mère, Emilie Marie ROUX, était à moitié originaire ce département car son père y était né ainsi que tous ses ascendants connus à ce jour sur de nombreuses générations.

La lignée ROUX dont il est question ici n’est pas celle de mon arrière-arrière-grand-mère Emilie  dont la lignée (numéro L-13) prend plutôt sa source à Selonnet, dans l’actuel canton de Seyne, mais celle partant de l’une de ses arrière-arrière-grands-mères qui portait le même patronyme : Agnès ROUX (SOSA 405). La lignée cette ancêtre bien plus lointaine porte dans mon système de numérotation le numéro L-203. Nous allons la reconstituer sur 4 générations à Tartonne.

La lignée qui relie mon arrière-grand-père Charles MARC à la souche de la lignée étudiée, Agnès ROUX

La lignée qui relie mon arrière-grand-père Charles MARC à la souche de la lignée étudiée, Agnès ROUX

Notons pour l’anecdote que le patronyme ROUX, très présent dans toute la France et en particulier dans les régions du sud-est, est également bien représenté dans mon arbre puisqu’il est porté par 8 lignées connues distinctes, dont deux doubles, dans des lieux et à des époques qui ne laissent pas anticiper de liens de parentés entre elles.

Reconstitution de la lignée ROUX L-203

Etape 0 : le couple de départ

Par l’acte de mariage de Jean Joseph Pascal FABRE avec Claire VIGNE, célébré en 1811 à Saint-Vincent-les-Forts (canton du Lauzet-Ubaye, arrondissement de Barcelonnette), je sais qu’il est fils de Jean Baptiste FABRE et d’Agnès ROUX. Il est alors qualifié de propriétaire cultivateur, de Tartonne dans le canton de Barrême. C’est donc à Tartonne que nous recherchons, sans succès à ce jour, le mariage de Jean Baptiste FABRE et d’Agnès ROUX. Nous y trouvons cependant leurs enfants, nés entre 1770 et 1788.

Etape 0 : le couple Jean Baptiste FABRE X Agnès ROUX, dont les enfants naissent de 1770 à 1788 à Tartonne.

Etape 1 : ce que nous apprennent les actes de baptême de leurs enfants

Une chance pour nous, le curé de Tartonne à la fin du XVIIIe siècle aimait à préciser les liens de parentés qui reliaient les baptisés à leurs parrain et marraine. Hélène et Thierry BIANCO ont évidemment relevé ces précieux indices.

1770 : le baptême de Jean Baptiste Balthazar FABRE nous apprend l’existence de son oncle Honoré ROUX.

Nous utiliserons ici un principe de parcimonie pour supposer en première approche tout au moins que cet Honoré est le frère d’Agnès plutôt que le mari d’une soeur de Jean Baptiste FABRE qui porterait le même patronyme.

D'après le baptême de leur premier enfant en 1770

D’après le baptême de leur premier enfant en 1770

1773 : le baptême de Raphaël FABRE nous apprend l’existence de Jean Ange ROUX et Colombe ROUX, ses oncle et tante.

D'après le baptême de leurs deux premiers enfants en 1773

D’après le baptême de leurs deux premiers enfants en 1773

Les baptêmes de Jean Joseph en 1775 et Eléonore Génie en 1780 n’apportent pas de nouveaux éléments.

1783 : le baptême de François FABRE nous fait découvrir une de ses tantes, Elisabeth AUZET. Plusieurs scénarios sont possibles pour cette parenté, suivant qu’elle a épousé un frère de Jean Baptiste FABRE :

Hypothèse Elisabeth AUZET X ? FABRE, frère de Jean Baptiste

Hypothèse 1 : Elisabeth AUZET X ? FABRE, frère de Jean Baptiste

ou qu’elle a épousé un frère d’Agnès ROUX, celui-ci pouvant ou non avoir déjà été découvert :

Hypothèse 2 : Elisabeth AUZET X ? ROUX, frère d'Agnès ROUX

Hypothèse 2 : Elisabeth AUZET X ? ROUX, frère d’Agnès ROUX

Enfin, en 1788, le baptême de notre ancêtre Jean Joseph Pascal FABRE, nous fait découvrir l’une de ses cousines, Geneviève Ursule ROUX :

Reconstitution après le baptême de leurs six enfants

Reconstitution après le baptême de leurs six enfants

Etape 3 : la confrontation aux couples présents à Tartonne

La recherche des actes à Tartonne nous permettent de repérer des couples qui viennent corroborer les hypothèses formulées :

  • On trouve ainsi un couple Honoré ROUX X Elisabeth AUZET qui a plusieurs enfants à Tartonne entre 1755 et 1772, dont Marianne qui a pour marraine Agnès ROUX, sa tante ;
  • Geneviève Ursule ROUX, qui porte deux prénoms peu fréquents, est la fille de Jean Ange ROUX et d’Anne MAUREL, née en 1771.

Ces deux constats nous permettent de consolider l’arbre suivant :

Arbre des ROUX de Tartonne consolidé à partir des enfants de Jean Baptiste FABRE et Agnès ROUX

Arbre des ROUX de Tartonne consolidé à partir des enfants de Jean Baptiste FABRE et Agnès ROUX

Etape 4 : pour monter d’une génération

Ces trois alliances multiplient nos chances de trouver un acte ou un contrat de mariage filiatif, impossible à trouver pour le couple FABRE X ROUX, qui permette de connaître les parents de la fratrie ROUX. On trouve en effet le mariage de Jean Ange ROUX et d’Anne MAUREL le 1er juin 1763 à Tartonne. Jean Ange ROUX est le fils de Jean Ange ROUX et de Colombe BARRAS.

Reste à vérifier que notre ancêtre Agnès n’est pas la fille d’un autre mariage de Jean Ange ROUX père. Pour cela, cherchons tous les enfants du couple que nous pouvons rencontrer. Nous en trouvons 9, baptisés entre 1722 et 1744. Honoré, déjà rencontré, semble l’aîné, et notre ancêtre Agnès la benjamine. En outre, on ne trouve pas l’acte de baptême de Madeleine ROUX, dont la filiation à son mariage la rattache cependant sans aucun doute à cette fratrie. S’agissant enfin de Colombe ROUX, déjà citée pour être une soeur d’Agnès mais dont l’acte de baptême en tant que telle est manquant, il est envisageable qu’elle soit en réalité une de ses nièces presque aussi âgée qu’elle puisque née d’un premier mariage de son frère Honoré.

Voici la fratrie complète avec ses alliances :

Fratrie d'Agnès ROUX d'après les actes de Tartonne

Fratrie d’Agnès ROUX d’après les actes de Tartonne

NB : le second mariage d’Honoré ROUX n’a pas été célébré à Tartonne mais à La Javie, comme ce sera le cas d’un autre mariage de la famille dont nous parlerons ensuite.

Etape 5 : et pour aller plus loin ?

Pour aller plus loin de manière certaine, il nous faudrait trouver le mariage de Jean Ange ROUX avec Colombe BARRAS. Il n’est cependant pas présent dans les relevés de Tartonne. Un indice qui laisse prévoir la difficulté à trouver cet actes est que le patronyme BARRAS (sans doute du nom d’un autre village des Alpes-de-Haute-Provence situé dans le canton de Digne-Ouest) est très rare à Tartonne. Il est donc probable qu’il s’agisse d’une alliance contractée à l’extérieur de la paroisse.

On dispose cependant d’un certain nombre d’indices liés aux parrains et marraines des enfants du couple.

  • 1722 : le baptême d’Honoré ROUX nous apprend l’existence d’Honoré ROUX, son grand-père, et d’Agnès ROUX, sa tante. Ce dernier prénom, plutôt rare dans ce village à cette époque, conforte l’appartenance à cette branche de notre ancêtre, qui le porte donc après sa tante ;
  • 1724 : le baptême de Joseph ROUX nous permet d’identifier une de ses grands-mères, Catherine MAUREL, qui est donc notre ancêtre sans qu’on sache si elle est le femme d’Honoré ROUX père, rencontré ci-dessus, ou la mère de Colombe BARRAS.
Informations glanées à partir des baptêmes des enfants de Jean Ange ROUX et Colombe BARRAS

Informations glanées à partir des baptêmes des enfants de Jean Ange ROUX et Colombe BARRAS

La réponse se trouve dans les actes de Tartonne puisque se marient le 17 août 1684 Honoré ROUX, fils de feu Paul et d’Anne FABRE avec Catherine MAUREL, fille de feu Jacques et de Catherine BASSAC.

Filiation de Jean Ange ROUX

Filiation de Jean Ange ROUX

Notez que toutes ces déductions n’ont pas nécessité de trouver l’acte de mariage de Jean Ange ROUX et Colombe BARRAS.

Cet acte a cependant été trouvé : ils se sont mariés le 16 juin 1721 à La Javie (chef-lieu de canton dans l’arrondissement de Digne), et l’acte confirme bien la filiation avec le couple trouvé ci-dessus.

Etape 6 : compléter les fratries

Divers indices, directs (parents mentionnés dans les actes de baptêmes, mariages et décès) ou indirects (parrains et marraines, témoins dont les liens de parenté sont précisés) permettent de compléter les fratries déjà trouvées.

M’intéressant surtout à la généalogie ascendante de cette branche, je me limiterai ici aux frères et sœurs de mes ancêtres et à leurs conjoints, sans mentionner les cousins.

Synthèse de mes ascendants ROUX et de leurs collatéraux directs

Synthèse de mes ascendants ROUX et de leurs collatéraux directs

Une rapide approche sociale

Sur le plan social, les informations mentionnées dans les actes permettent d’établir :

  • qu’Honoré ROUX était laboureur, il est cité comme tel en 1725 ;
  • que son fils Jean Ange ROUX a réussi une modeste progression sociale puisqu’il est dit berger en 1724, laboureur de 1726 à 1729, travailleur en 1731 et enfin rentier de 1738 à 1744.

Notons en outre que nos ancêtre Catherine MAUREL femme d’Honoré ROUX, avait un oncle Jean BASSAC, notaire royal de Blégier (sans doute pour Blégiers, hameau de Prads-Haute-Bléone, dans l’arrondissement de Digne).

Cette étude étape par étape nous montre à quel point il est utile de disposer de deux sources très complètes sur une période commune et relativement longue pour remonter une lignée, même sans disposer de tous les actes de mariage (filiatifs).

Je vais maintenant m’atteler à étudier les branches collatérales découvertes au fil des actes : les FABRE à partir de Jean Baptiste, dont on ne sait pas d’où ils étaient, mais aussi à partir d’Anne FABRE, épouse de Paul ROUX, les MAUREL, extrêmement fréquents à Tartonne, à partir de Catherine MAUREL, et les BARRAS qui n’étaient comme on l’a vu sans doute pas de Tartonne.

Mais ceci est une autre histoire…

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