Je regrette de laisser depuis quelques semaines ce site en repos, mais une nouvelle souche est en train de pousser dans mon arbre.
À très bientôt, j’espère !
Je regrette de laisser depuis quelques semaines ce site en repos, mais une nouvelle souche est en train de pousser dans mon arbre.
À très bientôt, j’espère !
Sans refaire un historique complet de l’héraldique, rappelons que les armes figurées sont apparues entre le Xe et le XIIe siècles, époque à laquelle les équipements des chevaliers ne les rendaient plus reconnaissables car leur visage était entièrement recouvert de protections. Dès lors, ils ont pris l’habitude de se distinguer par des signes et symboles peints sur leurs écus, leurs « armes ». Si la description littéraire et raisonnée de ces armes a court depuis le Moyen-Âge, il faut attendre le XVIIe siècle pour qu’une science apparaisse, qui institutionnalise une nomenclature et une syntaxe, théoriquement précises et univoques : c’est l’avènement de la science héraldique.
Dès lors, apparaît la distinction entre armoiries et blason, les premières se référant à la représentation graphique de l’écu avec ses armes, mais aussi de ses éléments extérieurs, et le second à la manière normalisée de les décrire en langage héraldique. On passe des unes à l’autre par une description appelée blasonnement.
Le statut des armoiries a évolué au cours du temps, mais, contrairement aux idées reçues, elles n’ont jamais été réservées aux familles et individus nobles. D’après ce qu’en explique le site du Conseil français d’héraldique, dont je n’ai pas encore pu retrouver la trace dans le Code, depuis la Révolution française et l’abolition des privilèges, le Code civil, adapté du Code Napoléon, a intégré l’existence de telles représentations symboliques associées à des familles et à des individus, en supprimant naturellement toute distinction de classe.
Il a cependant conservé un certain nombre de règles, notamment en ce qui concerne leur transmission, qui dérivent clairement des principes de transmission (pseudo-)féodaux des noms et titres de l’Ancien Régime.
En droit français, « les armoiries sont une représentation d’un nom propre, de famille ou de lieu, et lui sont accessoires. Elles constituent une propriété régulière, transmissible héréditairement, et susceptible d’être acquise ou conférée. » (Source Wikipédia/Héraldique). De ce fait, tout individu ou personne morale peut en posséder, au même titre qu’une marque.
Par définition, un armorial est un registre qui fait le lien entre des armoiries et une famille ou un individu, dont il présente généralement des éléments de généalogie. Les armoriaux sont très nombreux, notamment en France, et sont constitués suivant des regroupements divers, le plus souvent géographiques (Grand Armorial de France, Nobiliaire et armorial de Bretagne) ou sociaux (Catalogue et armorial des présidents).
Divers armoriaux continuent d’être renseignés, citons notamment l’Armorial du IIIe millénaire édité par le Conseil français d’héraldique, association loi 1901 qui se propose d’aider les personnes physiques et morales qui souhaitent se doter d’armoiries à les composer et les blasonner, à les représenter et enfin à les publier dans cet ouvrage, conservé aux Archives nationales, garantissant ainsi leur propriété.
Dans la veine de ma passion pour la généalogie, j’ai eu envie de m’intéresser de plus près à l’héraldique, ce qui m’a conduit à choisir des armoiries pour moi-même et ma famille. Bien sûr, l’arrivée à présent très prochaine de mon premier enfant n’est pas étranger à cette envie de constituer un symbole attaché à notre nom.
En accord avec mon épouse, et avec son aide très précieuse, j’ai donc créé trois niveaux d’armoiries.
Pour le dessin et le blasonnement, je conseille la somme que constitue “L’Art héraldique” de Gérard AUDOIN, Ed. Mémoire et Documents, 2009. C’est un ouvrage merveilleusement illustré, très détaillé avec des centaines de planches illustrant chaque notion héraldique, des émaux aux éléments extérieurs à l’écu, en passant par les timbres correspondant à chaque dignité ecclésiastique et par les lignes géométriques pour dessiner écus, fleurs de Lys et autres mouchetures d’hermine. Une somme, vous dis-je !
Le premier niveau correspond à proprement parler à des armes dessinées sur un écu et, pour moi, il est attaché à ma famille, c’est-à-dire à ma lignée agnatique, dont mon père et moi sommes les représentants, et à mes descendants. Les voici :
Elles se blasonnent de la manière suivante :
D’azur à quatre bandes d’or, à un olivier brochant de sinople fruité de sable.
Autrement dit en français :
Sur un fond bleu (azur), on place quatre diagonales descendantes à droite (bandes) jaunes (or) régulièrement espacées et centrées par rapport à la diagonale de l’écu. Au-dessus des bandes et centré par rapport à l’écu, on place un olivier schématisé de couleur verte (sinople) avec des olives (fruité) noires (sable).
Je les ai créées à partir de celles d’une ancienne famille COSTANTINO de Sicile, dont le lien avec la mienne n’est pas prouvé, mais qui portait d’azur à quatre bandes d’or. On peut trouver leurs armoiries représentées dans le Nobiliario di Sicilia et son index dressé M. MANGO di CASALGERARDO.
Outre la récupération symbolique d’armes existantes, ces deux « couleurs » me semblaient particulièrement bien adaptées en tant que symboles du soleil et de la mer, deux caractéristiques du bassin méditerranéen : la Grèce, lieu d’origine (légendaire ?) des COSTANTINO, la Sicile d’origine de mon arrière-grand-père COSTANTINO, la Tunisie où est né mon père et la Provence, où ma mère est née, berceau d’une grande part de son ascendance (voir notamment l’article sur mes ancêtres provençaux), où ma femme et moi sommes nés et avons passé notre enfance.
L’olivier (olea europaea) symbolise lui aussi le bassin méditerranéen, dont il est une espèce caractéristique du climat.
Il est aussi l’un des symboles de la paix, la colombe allégorique en tient un rameau dans le bec.
En outre, il est symbole de longévité exceptionnelle, certains spécimen étant âgés de 3 000 ans.
L’huile de ses olives, très recherchée, est utilisée notamment en cuisine, l’un des centres d’intérêt principaux de mon épouse. Nous en sommes des consommateurs assidus avec plus d’1 L utilisé par mois.
Enfin, c’est un arbre, d’où l’écho à la généalogie, ma passion, d’autant plus qu’un proverbe provençal rappelle que
Autant le figuier que l’olivier ne meurent pas sans héritiers
Le second niveau est celui de la famille que je forme avec mon épouse et nos enfants à naître. Sans surprise, j’ai naturellement repris l’écu des armoiries ci-dessus, mais j’ai choisi de le représenter avec des éléments extérieurs particuliers :
Ces armoiries se blasonnent de la façon suivante :
D’azur à quatre bandes d’or, à l’olivier brochant de sinople fruité de sable. Soutiens : l’écu suspendu à un olivier fruité au naturel.
Outre les éléments présentés plus haut, le français courant dirait :
En dehors de l’écu, on trouve uniquement des éléments “inanimés” (soutiens). Ici, l’écu est représenté incliné et suspendu par une lanière à un olivier représenté avec ses olives (fruité) et dans des couleurs réalistes (au naturel).
La symbolique est d’abord le rappel de l’arbre de l’écu, mais avec plus de feuilles et de branches, plus fourni, symbole de la famille. L’arbre soutient l’écu et l’entoure, apportant l’idée de sécurité et de solidarité qu’apporte notamment la famille méditerranéenne.
Comme il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin et que je suis moi-même grand amateur de symbolique, j’ai complété par un troisième niveau : mes armoiries personnelles. Comme pour ma famille, j’ai repris naturellement sans le modifier l’écu central, mais j’y ai accolé d’autres éléments extérieurs, qui cherchent à coller à ma personnalité et à mes valeurs :
Plus complexes, j’en propose le blasonnement suivant :
D’azur à quatre bandes d’or, à l’olivier brochant de sinople fruité de sable. Soutiens : un compas derrière l’écu, de part et d’autre de l’écu, une plume d’oie taillée, l’écu sommé de deux rameaux d’olivier, le tout au naturel posé sur un parchemin d’argent chargé de la sentence “SAVOIR, C’EST POUVOIR – POUVOIR, C’EST DEVOIR” en lettres romaines de sable.
Soit en français, pour les éléments les moins directs :
L’écu est accompagné d’éléments extérieurs “inanimés” (soutiens). En l’occurrence, un compas, deux plumes d’écriture, deux rameaux d’olivier qui sont au-dessus et touchent l’écu (sommé), le tout en couleurs naturelles. Sous cet ensemble, une feuille de parchemin blanc (argent) sur lequel est écrit une phrase en noir (sable). La police est “romaine”, c’est-à-dire sans empattements et à graisse légère.
La symbolique reprend l’olivier, avec les rameaux, auquel j’ajoute le thème du savoir. Celui de la science, symbolisé par le compas, et celui des lettres, symbolisé par les plumes, qui doivent se construire ensemble et complémentaires l’un de l’autre.
Placés au-dessus du parchemin, ces instruments font apparaître ma devise. Le savoir donne le pouvoir d’agir et d’agir en conscience. La capacité et la connaissance créent le devoir d’agir, de construire, elles donnent une responsabilité à l’individu.
N’y voyez bien sûr aucune volonté de moraliser, c’est simplement la règle que je tente d’appliquer à moi-même et quelques valeurs dont j’aimerais que mes enfants puissent s’inspirer.
Conformément à la loi, si je choisis de faire enregistrer mes armoiries à l’état-civil, ils pourront en hériter. Plus raisonnablement, ils en feront ce qu’ils voudront, et même les abandonneront. Mais maintenant qu’elles sont rendues publiques sur ce blog, elles m’appartiennent moralement, sauf à ce que quelqu’un d’autre démontre qu’il les possède depuis plus longtemps que moi…
Nous aurons l’occasion de croiser les armoiries de familles notables parmi mes ancêtres, notamment dans les Hautes-Alpes et en Limousin. Ce sera l’occasion d’expliquer quelques autres éléments de blasonnement.
Mais cela est une autre histoire…
Passant quelques jours à Marseille, j’ai fait un saut aux archives départementales des Bouches-du-Rhône pour consulter les relevés réalisés par l’Association généalogique des Bouches-du-Rhône (cote 35 F, brochés) afin de compléter l’exploration de l’ascendance de Laurence Julie GILLY (SOSA 51, lien vers mon arbre geneanet.org), très concentrée sur ce département. Après analyse, j’ai pu également constater qu’une branche de son ascendance venait en réalité de Simiane-la-Rotonde (canton de Banon, arrondissement de Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence) et non de Simiane-Collongue (canton de Gardanne, arrondissement d’Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône), bien que leurs enfants se soient mariés à Aix. Comme quoi, il faut toujours être vigilant.
Cet épisode me donne l’occasion de vous parler de la plus provençale de mes ancêtres, cette Laurence GILLY qui était l’arrière-grand-mère de mon grand-père maternel et la belle-mère de Léon MARC (SOSA 24) à qui j’ai consacré un article spécifique. A sa génération (la VIe dans mon arbre), elle était la seule de mes ancêtres à être née dans les Bouches-du-Rhône de parents originaires de ce département. En remontant ses propres ancêtres, j’ai ainsi pu prouver la présence de mes ancêtres dans les terroirs marseillais et aixois depuis le début du XVIe siècle et la seule limite à cette recherche est à ce stade la disponibilité des sources puisque j’ai pu mener une recherche quasi exhaustive de toutes mes branches dans ce département.
Une autre manière de le dire est que c’est à cette arrière-arrière-arrière-grand-mère que je dois d’être moi-même marseillais, toutes mes autres branches ayant convergé au fil de l’histoire et des alliances vers cette ville et son terroir en venant d’ailleurs.
Comme toujours, mes principales sources pour ces recherches ont été le site des archives départementales des Bouches-du-Rhône et celui des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence qui proposent tous deux une navigation particulièrement fluide et efficace pour accéder à une quantité impressionnante de documents numérisés, d’état-civil, de registres paroissiaux et de bien d’autres fonds utiles au généalogiste.
J’ai également utilisé les travaux de l’Association généalogique des Bouches-du-Rhône et notamment cette initiative on ne peut plus précieuse que constitue la mise en ligne gratuite sous forme de tableaux de plus de 500 000 mariages du département à toutes les périodes.
Idem pour les Alpes-de-Haute-Provence où les données mises en ligne par le Cercle Généalogique des Alpes-de-Haute-Provence via le système Geneabank m’ont très souvent permis d’accélérer ou d’aiguiller mes recherches dans ce département.
L’ascendance de Laurence GILLY est connue à ce jour sur 12 générations. Elle comporte 413 individus distincts dont 36 sont en réalités des doubles, c’est-à-dire qu’ils sont présents à deux endroits de l’arbre. Le nombre d’ascendants connus est donc de 413 + 36 = 449.
Le graphique ci-dessous fait apparaître le taux de connaissance des ancêtres de Laurence GILLY ainsi que l’implexe de son ascendance au fil des générations.
On constate que le taux de connaissance des ascendants de Laurence GILLY reste supérieur à 50% jusqu’à la VIIIe génération, qui correspond à ma propre XIIIe génération, ce qui démontre une bonne connaissance de son ascendance. Ceci est rendu possible par la concentration géographique de ses ascendants, notamment dans les Bouches-du-Rhône et dans les Alpes-de-Haute-Provence, où j’ai accès à des instruments de recherche très performants. A titre de comparaison, je ne connais à ce jour que 160 ancêtres de mon propre père, né exactement 100 ans après Laurence GILLY et, pour lui, le taux de connaissance passe sous les 50 % à partir de la Ve génération, correspondant à ma propre VIe génération…
Dans le même temps, l’implexe reste assez faible dans son ascendance, ce qui traduit cette fois, au sein même d’une aire géographique assez circonscrite, la forte circulation de ses ancêtres qui passent au fil des branches et des générations du terroir de Marseille à celui d’Aix-en-Provence et, plus ponctuellement, à celui de Salon-de-Provence. Enfin, plusieurs branches quittent les Bouches-du-Rhône pour les départements voisins, en remontant le temps. C’est cette mobilité qui empêche une trop forte consanguinité en limitant l’endogamie.
La canopée est l’ensemble des ascendants d’une personne dont au moins un parent est inconnu.
Pour la présenter rapidement, suivant les définitions présentées dans l’article que j’ai consacré à cette notion de canopée, on peut dire que :
Dans leurs grandes lignes, ces quelques données permettent de constater ce qu’intuitivement on percevait, à savoir que l’ascendance de Laurence GILLY est connue jusqu’à des époques et des générations très anciennes et de manière très complète jusqu’à des générations elles aussi reculées dans le temps. Cependant, entre la VIe et la XIIe génération, son arbre d’ascendance est très étagé puisque à chaque génération on a de nouveaux ascendants inconnus jusqu’à la XIIe où seuls 20 individus sont connus sur 2048 individus théoriques.
L’analyse de la canopée de Laurence GILLY permet de déterminer de manière quantitative la répartition de ses origines géographiques aussi loin que l’on puisse remonter dans son ascendance.
On peut utiliser la canopée comme outil quantitatif de détermination des origines d’une personne, comme je l’ai déjà fait dans l’article consacré à l’ascendance d’Oliva MONTEROSSO. Pour cela, il faut attribuer à chaque individu un coefficient qui mesure la part qu’il occupe dans l’ascendance de Laurence GILLY. Par exemple, son père et sa mère occupent chacun une part d’1/2, ce qui est tout à fait intuitif. Ainsi, son père étant marseillais et sa mère aixoise, Laurence sera, vue de la génération de ses parents, moitié marseillaise moitié aixoise.
On peut ainsi regarder les origines de Laurence GILLY comme celles de ses ancêtres à chacune de ses générations, ce qui donne autant de répartitions différentes. C’est ce que j’explique dans l’article consacré aux origines. On sera cependant bloqués dès lors qu’on rencontre à une génération donnée des individus inconnus, qui vont laisser une part d’ombre dans les origines à cette génération. Cette part d’ombre ne peut que croître car si des individus sont inconnus, leurs parents et toute leur ascendance le sont aussi.
Les origines déterminées non pas à une génération donnée mais dans la canopée permettent de s’affranchir de cette difficulté puisqu’on ne s’intéresse qu’aux plus lointains individus connus dans chaque lignée et on regarde comment ils contribuent aux origines de la souche de l’arbre ou de la branche.
Le part de chaque individu dans les origines est déterminée par deux composantes : une part personnelle, qui est identique au poids personnel utilisé pour calculer le poids de la canopée, et une part générationnelle, qui est au contraire différente du poids générationnel. Cette part générationnelle se calcule en partant de la souche de l’arbre, qui a une part générationnelle de 1, ses parents une part de 1/2 chacun, ses grands-parents 1/4 chacun, etc. jusqu’à la génération i dont chaque individu a une part générationnelle de 1/2^(i-1). Attention, les individus doubles doivent être comptés autant de fois qu’ils apparaissent dans l’arbre et avec à chaque occurrence la part générationnelle correspondant à la génération qu’ils occupent.
J’indique tout de suite que cette approche a deux limitations fortes à prendre en compte :
Dans le cas de Laurence GILLY, sans reprendre l’intégralité du calcul, les résultats quantitatifs sont les suivants :
Laurence GILLY est donc majoritairement originaire des Bouches-du-Rhône et plus précisément d’Aix-en-Provence et de son terroir (Bouc-Bel-Air, Eguilles, Lambesc, Saint-Cannat, Vauvenargues, etc.) puis des Alpes-de-Haute-Provence et même en majorité, par plusieurs branches différentes, du sud-ouest du département (Simiane-la-Rotonde, Montlaux, Forcalquier). Elle est donc sans conteste la plus provençale de mes ancêtres puisque ses origines non provençales représentent moins de 3 % du total (Les Côtes-d’Arey, Gap et Loze en Dauphiné).
Je voudrais terminer ce billet en explorant rapidement l’une des plus longues lignée de mon arbre entièrement situées dans les Bouches-du-Rhône. Elle commence naturellement dans la branche de Laurence GILLY et se poursuit jusqu’à moi-même, sur 17 générations. J’ai choisi celle-ci parmi les 20 qui sont connues à ce jour (et qui partent des 20 ancêtres connus de Laurence GILLY à la XIIe génération) parce qu’elle est celle qui illustre le mieux la mobilité de mes ancêtres entre les terroirs marseillais et aixois.
Cette lignée part de Claude AURAN (SOSA 106 436 par rapport à moi), dont le fils s’est marié à Marseille en 1586.
Les patronymes (conjoints entre parenthèses), lieux et dates de mariage rencontrés dans cette lignée sont les suivants :
Ces mouvements illustrent la bipolarité de la région entre Aix et Marseille, dont les deux villes jouent le rôle d’attracteur et créent donc des allers-retours au fil des générations.
Cette épithète de “la plus provençale de mes ancêtres” pourrait être partagée par Laurence GILLY avec sa fille, Emilie ROUX, dont les ancêtres paternels sont très majoritairement originaires de Haute-Provence mais aussi par une arrière-grand-mère de mon arrière-grand-père maternel-maternel, Marie ARMAND (lien vers mon arbre geneanet.org), dont l’ascendance est très concentrée autour de la Montagne de Lure. Pourrait-elle cousiner avec les ancêtres de Laurence GILLY originaires de Forcalquier et ainsi faire apparaître un lointain cousinage entre mes grands-parents maternels ?
Ceci est une autre histoire…
J’ai rédigé une première approche de la lignée des TEYTUT (ma lignée numérotée L32), depuis Yrieix TEYTUT jusqu’à Jeanne Marguerite TEYTUT, qui se voulait plutôt descriptive, pour rendre compte de la masse d’informations qu’on pouvait récolter sur une famille, avec beaucoup de temps, de la rigueur et une bonne dose de chance, et surtout en mettant en commun l’énergie de plusieurs passionnés. Je rappelle que je n’aurais jamais pu faire ce travail tout seul (il dépasse largement, cela va de soi, ce que j’ai présenté dans le billet cité) et qu’il est le produit de la collaboration active et fructueuse que j’ai eue avec mes cousins généalogiques Monique BOURLON, Yves MARTIN et Aymeric TRIOMPHE sur ces branches.
Dans ce second billet, je vais tenter de présenter la lignée de manière plus synthétique et d’ajouter quelques éléments sur les frères, soeurs et cousins de mes ancêtres.
Je vous invite à retrouver sur une page dédiée aux sources du Limousin (Corrèze et Haute-Vienne) l’ensemble des sources utilisées pour conduite le travail présenté dans ce billet et dans le précédent.
Je me permets de mettre simplement en avant, du fait de leur intérêt particulier pour d’éventuels chercheurs, les relevés que j’ai réalisés des registres des paroisses autour de Ségur, sous forme de tableaux, complets pour les notables pour le premier registre de chaque paroisse, partiel à partir du second (sauf pour Ségur) et que je mets à la disposition de tous. Comme toujours en pareil cas, j’invite ceux qui trouveraient des informations les intéressant à les vérifier directement sur les registres en ligne, je ne suis qu’un paléographe dilettante. Si vous constatez des erreurs, n’hésitez pas à me les signaler dans un commentaire !
Le schéma ci-dessous replace les dates connues pour la lignée TEYTUT dans la chronologie des régimes politiques de la France sur la période considérée.
Voici ci-dessous, sur une carte, la localisation géographique des événements que nous connaissons pour les membres de cette lignée. Les soleils pointent un baptême ou une naissance, les masques une union et les croix un décès où une sépulture. Les lignes représentent, chacune en fonction de sa couleur (plus elle est claire, plus l’ascendant est proche de nous dans le temps), l’itinéraire de vie de chaque individu, lorsque plus d’un événement est connu pour lui. Enfin, les petites maisons vertes avec un drapeau représentent la localisation des domaines possédés par les membres de la lignée, ici Villouvier (en Payzac, Dordogne) et le Mas-au-Comte (en Payzac, Dordogne).
On remarque particulièrement, naturellement, le point focal que constitue Ségur-le-Château puisqu’un nombre important d’actes concernant la lignée s’y déroulent. A partir de ce lieu, on note deux dynamiques marquantes.
D’abord, pour les générations les plus anciennes (François TEYTUT-VILLOUVIER et ses ancêtres), toutes les alliances de la lignée se font autour de Ségur, avec cependant, comme habituellement, une prédilection pour le lieu d’origine de la mariée, ce qui donne un indice, comme nous l’avons évoqué dans l’article précédent, du déplacement des aires d’influence autour de Ségur, en lien avec les évolutions juridictionnelles du secteur et notamment la Cour d’Appeaux.
A la fin du XVIIe siècle, Pierre TEYTUT épouse Anne GUINDRE à Lubersac, chef lieu du canton. Ensuite, dans la première moitié du XVIIIe siècle, les TEYTUT se marient avec d’autres notables ségurins : Pierre TEYTUT épouse Isabeau DUMAS et François TEYTUT épouse Anne Catherine BOYER. Enfin, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, correspondant à la disparition de la Cour d’Appeaux de Ségur au profit de la sénéchaussée de Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne), les TEYTUT se marieront avec des représentants de la notabilité de ce secteur : Martial TEYTUT épouse Hélène BUISSON à La Roche-l’Abeille (canton de Nexon, arrondissement de Limoges) et François TEYTUT-VILLOUVIER épouse Marguerite Félicité ROBERT à Saint-Yrieix-la-Perche (chef de lieu de canton, arrondissement de Limoges).
Ensuite, on observe le déplacement opéré en deux générations entre le nord et le sud du département, d’abord par François Auguste TEYTUT-VILLOUVIER, né et marié à Ségur-le-Château (canton de Lubersac, arrondissement de Brive-la-Gaillarde) mais décédé à Larche (chef-lieu de canton, arrondissement de Brive-la-Gaillarde) puis par sa fille Jeanne Marguerite TETU-VILLOUVIER, née à Orgnac-sur-Vézère (canton de Vigeois, arrondissement de Brive-la-Gaillarde) mais mariée et décédée à Larche.
La carte administrative de l’ouest de la Corrèze et du sud de la Haute-Vienne, ci-dessous, permet de repérer les deux cantons de l’arrondissement de Limoges (au sud du département) et les trois cantons de l’arrondissement de Brive-la-Gaillarde (à l’ouest du département), qui encadrent la vie des générations de la lignée TEYTUT.
La situation sociale de la lignée TEYTUT est, elle aussi, marquée par deux temps bien distincts, dans lesquels la Révolution française semble avoir joué un rôle particulièrement clivant.
Le premier temps est celui de la notabilité locale au sein des juristes de Ségur. Les principaux marqueurs en sont les fonctions assumées et les titres portés par les membres de la lignée mais aussi leurs beaux-pères.
Les hommes de la lignée, jusqu’à François TEYTUT-VILLOUVIER, seront procureur des Appeaux, plusieurs fois avocats en Parlement et juges de Ségur. Leurs beaux-pères sont procureurs, notaires (Jean DUMAS) et bourgeois (Etienne BOYER). Avec la fin de la Cour des Appeaux, ils restent juges de Ségur mais deviendront conseillers du Roi, assesseurs criminels au sénéchal de Saint-Yrieix. Leurs beaux-pères seront alors conseiller du Roi, rapporteur au Point d’Honneur (François BUISSON) et maître de forge. Enfin, après la Révolution française, ils seront avocat et enfin maire de Saint-Eloy-les-Tuileries.
Le deuxième temps est celui du déclassement social, sans aucun doute lié à la perte des privilèges et des charges de l’Ancien Régime et à une évolution patrimoniale qui empêche notamment aux cadets, comme mon ancêtre François Auguste TEYTUT-VILLOUVIER, de conserver la position sociale de ses pères. Après la mort de son père, maire de Saint-Eloy, le dernier sera alors boulanger à Ségur puis commis de forge à Orgnac-sur-Vézère, sans lien donc avec la position sociale de ses ancêtres. Sa fille Jeanne Marguerite, mon aïeule, épousera un cordonnier. Il n’en sera pas de même pour toutes les branches issues de François TEYTUT-VILLOUVIER puisque certaines se maintiendront dans une certaines aisance matérielle.
Avec mes cousins généalogiques, nous avons conduit un travail systématique sur les TEYTUT de Ségur-le-Château et alentours, avec naturellement un approfondissement particulier sur la branche des sieurs de Villouvier dont nous descendons tous. Je vous invite à retrouver ci-dessous une synthèse de ce travail, essentiellement basé sur les sources disponibles pour le début du XVIIe siècle pour Ségur-le-Château et ses alentours aux Archives départementales de la Corrèze, à savoir les sources paroissiales et d’état-civil.
Le patronyme TEYTUT autour de Ségur-le-Château
Ce travail est découpé en quatre parties :
Si la lignée de mes ascendants TEYTUT se perd au milieu du XVIIe siècle du fait une liaison non prouvée avec les degrés primitifs que propose CHAMPEVAL, il n’en est pas de même pour les familles dans lesquelles ils s’allient, également représentants de la notabilité locale.
En effet, si les RENOUDIE sont encore inconnus, les GUINDRE sont une très ancienne famille qui remonte aux LAUMONERIE, passablement étudiés. Les DUMAS sont eux-mêmes encore mal connus mais ils remontent aux BARDON qui, même si la liaison n’est pas trouvée à ce stade, ont été l’une des familles les plus importantes de Ségur, avec des parentés influentes à Limoges. Les connexions les plus intéressantes prouvées à ce jour passent cependant par les BOYER et les ROBERT et, très probablement, les BUISSON dont deux familles très proches sont présentes dans mon arbre aux mêmes lieux et mêmes dates. En effet, par deux voies différentes, ces familles de bourgeois et de notables, l’une de Ségur et l’autre de Saint-Yrieix-la-Perche, permettent de se rattacher à de la petite noblesse limousine, les LA PLACE et les LESTRADE de LA COUSSE, qui eux-mêmes descendent les uns des POUSSES, branche naturelle des LASTOURS et les autres des POMPADOUR. A partir de ces familles, l’ascenseur généalogique est en place et me conduit sans peine aux vicomtes de COMBORN et de LIMOGES puis aux ducs de Normandie et aux premiers rois capétiens. C’est un voyage passionnant, où l’Histoire se mèle à la généalogie.
Mais cela est une autre histoire…
Du côté de ma mère, la figure de Léon Louis MARC, grand-père paternel de mon grand-père maternel (SOSA 24, lien vers mon arbre geneanet.org), rayonne sur les souvenirs de famille comme le représentant d’une certaine apogée sociale, doublé d’un goût prononcé pour le bien vivre et la convivialité.
La famille MARC (ma lignée L2, celle de ma mère) est originaire de la Coudercarié, lieu-dit de Lacaune (Tarn, Midi-Pyrénées, France), à la limite avec l’Aveyron, où ils étaient agriculteurs. Ville thermale, la commune donne son nom aux Monts de Lacaune, massif montagneux situé au sud-est, ainsi qu’à une race de moutons.
La famille est connue dans le Tarn sur 7 générations, avec un bon niveau de fiabilité, même si la filiation certaine n’est établie que sur 5 générations. La principale source que j’ai utilisée est à ma connaissance une des premières mises en ligne systématiques et indexées de registres paroissiaux pour autant de communes voisines : je veux parler du site Généalogie autour de Murat-sur-Vèbre qui m’a permis, il y a plus de 7 ans, de remonter de manière fulgurante la branche de Pierre Etienne MARC (SOSA 48, L2-V).
C’est ce Pierre Etienne MARC qui a quitté le hameau familial entre 1855 et 1866 pour s’installer à Marseille, où il a épousé Geneviève Eugénie CHABAUD (SOSA 49), une couturière originaire de la Loire. Je ne sais pas aujourd’hui expliquer cette migration de plus de 250 km à travers le Languedoc, la Camargue et la Provence.
Léon MARC est le 7e enfant du couple, mais le 3e des 4 qui atteindront 21 ans. Ses aînés survivant jusqu’à l’âge adulte sont François MARC, né en 1867 et Marie Louise MARC, née en 1870, et il aura aussi un frère cadet, le benjamin de la fratrie, Alfred Charles MARC, né en 1879.
Il naît le 5 juin 1876 au quartier de La Viste à Marseille.
L’an mil huit cent soixante seize et le six juin à deux heures demi, ACTE DE NAISSANCE de Léon MARC né à Marseille hier à quatre heures du soir, quartier de La Viste, fils de Etienne Pierre MARC âgé de quarante ans, minotier, et de Geneviève CHABAUD âgée de trente huit ans, ménagère, mariés et demeurant dit quartier. Le sexe de l’enfant présenté et reconnu masculin ; témoins sieurs Jean B[aptis]te MOUREN âgé de cinquante ans, portefaix, domicilié et demeurant quartier de S[ain]t Antoine et Joseph MEJEAN âgé de trente quatre ans, meunier, domicilié et demeurant quartier de la Gavotte sur la déclaration faite par le père qui a signé avec les témoins. Constaté par Nous, Fernand ROUVIERE, adjoint au Maire de Marseille, délégué aux fonctions d’Officier de l’état-civil ; et lecture faite au déclarant et aux témoins avons signé. [Signé :] pMarc, Mouren, Mejean, J. Rouviere
Son père exerce à cette époque la profession de minotier, identique à celle de meunier mais correspondant plutôt à une pratique industrielle. Cette profession va guider le sort de la famille pendant trois générations.
Pierre Etienne MARC décède en 1915 et Geneviève CHABAUD en 1921. Avant eux, leur fille Marie Louise MARC, qui avait épousé Auguste MOUTTE, est décédée à l’âge de 40 ans en 1910. François MARC, le frère aîné, décèdera au lendemain de la guerre, en 1945, tandis que le benjamin Alfred survivra à mon aïeul.
Je dispose de peu d’informations sur la jeunesse de Léon MARC, si ce n’est que son père achète en 1885 un moulin à farine, dit du Pas-des-Tours, à la limite entre les quartiers de La Viste et de Saint-Antoine et qui sera connu jusque dans les années 1950 comme le « Moulin MARC ». Cette acquisition se fait moyennant le prix de 50 000 Fr, somme qui démontre la situation matérielle sans doute déjà favorable de la famille.
Le 21 juin 1900, il épouse Emilie Marie ROUX (SOSA 25), née à Aix-en-Provence et habitant le quartier des Aygalades.
L’an mil neuf cent, et le vingt un juin à dix heures vingt du matin ACTE DE MARIAGE de sieur Léon MARC, meunier né à Marseille le cinq juin mil huit cent soixante seize y domicilié et y demeurant avec ses père et mère au quartier de La Viste, fils majeur de Etienne Pierre MARC meunier et de Geneviève CHABAUD, sans profession, ci présents et consentants, d’une part et demoiselle Emilie Marie ROUX, sans profession, née à Aix (B[ouches] du R[hône]) le deux mai mil huit cent soixante seize domiciliée et demeurant avec son père au quartier des Aygalades, fille majeure de Jean Joseph ROUX, mécanicien, ci présent et consentant et de feue Laurence Julie GILLY, sans profession.
Le couple aura 3 enfants entre 1901 et 1908. L’aîné sera Joseph Eugène dit Eugène MARC, la cadette Aimée Mathilde dite Mathilde MARC et le benjamin Charles Louis MARC (SOSA 12, L2-III), mon arrière-grand-père.
La photographie du mariage de mes arrière-grands-parents, Charles Louis MARC et Henriette Baptistine REBOUL, prise en 1930, permet de reconnaître un certain nombre des personnes citées dans ce billet.

Les membres de la famille MARC lors du mariage de mes arrière-grands-parents Charles MARC et Henriette REBOUL - Source : archives familiales
Comme évoqué ci-dessus, Pierre Etienne MARC a acheté un moulin à farine, fonctionnant grâce à la force du canal de Marseille, le Moulin du Pas-des-Tours en 1885. Je propose une transcription de cet acte ici. Le moulin, dont le bâtiment remanié existe toujours, se trouvait à l’actuel numéro 9, route nationale de Saint-Antoine à Marseille.
Il avait été construit entre 1852 et 1885 sur des parcelles acquises notamment à Marie-Maxime, comte de Foresta (on retrouve cette famille, l’une des premières de Provence, et ce personnage sur les pages que leur consacre Gilles DUBOIS sur son blog à partir notamment du nobiliaire de Provence).
Ses trois garçons vont y travailler puisqu’ils sont tous trois qualifiés de meuniers à divers moments de leur vie.
En 1934, Léon MARC et Alfred MARC créent la société à responsabilité limitée MARC FRERES au capital de 25 000 Fr, dont ils détiennent chacun la moitié. Elle a pour objet « toutes opérations commerciales concernant les grains et les farines, l’industrie et le commerce de la minoterie et généralement toutes opérations commerciales, industrielles, mobilières, immobilières et financières se rattachant directement ou indirectement à ces objets » et pour siège le Moulin du Pas-des-Tours.
La mémoire familiale rapporte que, pendant la guerre, le moulin sera réquisitionné par les Allemands et que les comptes de la société vont commencer à se dégrader. De fait, le patrimoine déclaré par Léon MARC après la guerre au titre de l’Impôt de solidarité nationale est relativement modeste si on le ramène, à parité de pouvoir d’achat, à ce que représentait, par exemple, la valeur d’achat du moulin en 1885.
Les deux frères concluent le 1er mars 1952 un contrat par lequel Alfred MARC se retire de la gestion de la société à titre temporaire et la confie intégralement à Léon MARC. A cette période, Léon MARC approche de la fin de sa vie et ses propres enfants travaillent au moulin, dont la gestion est assurée par son fils Eugène.
Léon MARC décède le 22 juillet 1954 à Marseille, âgé de 78 ans et le Moulin MARC sera fermé à la fin des années 1950, car les affaires ne tournent plus.
Léon MARC a acheté en 1924 une maison à Saint-Antoine et a fait construire en 1928 un second bâtiment sur le terrain adjacent. Cet ensemble immobilier est toujours dans la famille aujourd’hui.
Léon MARC, chef d’entreprise et homme cordial, a fait partie pendant plusieurs décennies de la notabilité du village de Saint-Antoine. La mémoire familiale raconte par exemple qu’il lui est arrivé d’aller chasser avec ce dernier dans l’immense « campagne » du marquis de Foresta, son voisin.
Une analyse chronologique rapide semble montrer qu’il s’agit soit d’Henry, marquis de Foresta et de La Roquette, fils du comte Marie-Maxime cité plus haut, soit d’Albéric, comte de Foresta, son propre fils. Pour l’anecdote, Henry et Albéric étaient grand-père et père d’Alix de FORESTA, princesse Napoléon par son mariage avec S.A.I. Louis BONAPARTE, prince Napoléon (Napoléon VI).
Les MARC aimaient la musique comme le rapportent encore les souvenirs de cette famille où chacun avait son instrument de prédilection. Léon MARC jouait, quant à lui, du cornet à pistons, notamment dans la fanfare du village, institution plus que centenaire baptisée « Harmonie républicaine de Saint-Antoine ».
Il prend la présidence de cette institution en 1924 et il occupera cette fonction pendant au moins 25 ans. Ce rôle éminent dans la vie culturelle locale lui vaut d’être décoré en 1936, des Palmes d’Officier d’Académie (ancêtre du grade de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques) pour « Services rendus à l’art musical », grâce au soutien du conseiller général L. VILLECROZE.
Enfin, en 1948, il est promu au grade d’officier de l’instruction publique, correspondant au grade actuel d’officier de l’ordre des Palmes académiques, et les palmes lui en sont remises le 27 juin 1948 sur la place de Saint-Antoine par le directeur régional de l’instruction publique, J.-L. LEMOINE.

Remise des palmes d'officier de l'instruction publique à Léon MARC en 1948 - Sources : archives familiales
Fils d’un semouleur ayant quitté sa région natale pour faire fortune à Marseille et qui y a réussi, Léon MARC apparaît comme le modèle de l’entrepreneur et du patriarche, ayant su faire prospérer son entreprise et constituer un noyau familial soudé, qui va perdurer jusqu’à sa mort. Petit notable dans le quartier marseillais de Saint-Antoine, au nord de la ville, qui garde encore son caractère villageois pendant la première moitié du XXe siècle, il semble avoir laissé localement et dans la mémoire familiale le souvenir d’un homme affable et d’un bon vivant au sein d’une famille respectable et appréciée.
S’il avait épousé une provençale presque de pure souche, ses parents étaient tout deux, au contraire, originaires de départements éloignés puisque ses quatre grands-parents sont originaires du Tarn côté paternel et de l’Aude et de la Loire côté maternel, sans que ces migrations sachent s’expliquer aujourd’hui ni que cette origine ait semblé gêner son intégration.
Mais cela est une autre histoire…
Suite au passage à la gratuité du site des archives départementales de Savoie, je me suis lancé dans l’exploration de l’une de mes branches, originaire de ce département. En effet, sans que ce fait soit resté dans la mémoire familiale, un arrière-grand-père de l’une de mes arrière-grands-mères était né à Aiguebelle, chef-lieu de canton, dans l’arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie.
Dans cette branche, la lignée suivie ici pour remonter en Savoie est la suivante :
Henriette Baptistine REBOUL (mon arrière-grand-mère, SOSA 13) -> Emilie Joséphine BATHILDE -> Henriette Augustine TAVAUX -> Jean Marie TAVAUX (né en Savoie, SOSA 110)
Ma principale source pour cette recherche a été le site des archives départementales de Savoie, qui propose une quantité importante d’archives anciennes et notamment les incontournables registres paroissiaux et d’état-civil ainsi que certaines de leurs tables. Il faut noter que l’histoire mouvementée de la Savoie depuis la fin du XVIIIe siècle explique que la majorité des actes soient rédigés en latin, sauf ceux de la période révolutionnaire et post-1860 qui sont rédigés en français.
Ensuite, les travaux très importants de l’Association de recherche et d’entraide sur les fonds documentaires de Savoie (AREDES) et notamment l’indexation de leurs recherches sur la base de données Geneabank, indexation à laquelle on peut avoir un accès direct ici, m’ont permis de progresser.
A ce stade de recherches, l’ensemble des ascendants trouvés se rassemble dans un système géographique cohérent de deux cantons limitrophes :
La période couverte, encore peu étendue, commence en 1819, date de naissance de Jean Marie TAVAUX (SOSA 110) et s’achève, pour le plus ancien acte connu à ce stade, avec le mariage de Michel GENIN DAMAZ (SOSA 882) avec Pierrette VARNIER (SOSA 883) en 1739.
Tous ancêtres de Jean Marie TAVAUX (lien vers mon arbre geneanet), les ascendants trouvés sont au nombre de 17, sur 4 générations (générations VIII à XI par rapport à moi), ils portent les patronymes suivants :
A ma connaissance, ils exercent tous la profession d’agriculteurs.
Je regrette de ne pas publier souvent en ce moment, mais il faut dire que c’est pour la bonne cause : je me suis lancé dans une compulsion systématique du tabellion d’Aiguebelle, un registre savoyard correspondant à l’enregistrement des actes dans le Royaume de France à la même époque mais qui, contrairement à ce dernier, reprend des copies intégrales de tous les actes, en plus d’un index chronologique recensant les principaux patronymes présents dans chaque acte. Ce tabellion magique est consultable sur le site des archives départementales de la Savoie.
Après seulement 3 années dépouillées pour les patronymes qui m’intéressent (1697, 1746 et 1747) : GENIN DAMAZ, GROSJEAN, LAMBERT, TAVAUX et VARNIER, j’ai déjà pu le mettre à profit pour remonter l’une de mes branches sur deux générations supplémentaires.
En partant de Madeleine DAMAZ alias Marie Madeleine GENIN DAMAZ (SOSA 881, lien vers mon arbre geneanet.org), je vais vous expliquer comment on remonte sa branche …
Et voici en 5 étapes la lignée de Madeleine DAMAZ remontée sur 4 générations avec un peu de persévérance et beaucoup de chance.
Je continue ma lecture du tabellion et vous invite à aller consulter à l’envi la page, encore sommaire, que j’ai ajoutée sur les sources concernant la Savoie. Je vous promet de mettre sur ce blog les résultats de mes compulsions de ce tabellion pour les patronymes savoyards que je rencontre dans mon arbre.
Mais ceci est une autre histoire…
Mon arbre sur geneanet.org, lieu de partage et de rencontres par excellence, vous permet d’accéder à tous mes ancêtres. Les individus qui y figurent ont un assez bon niveau de fiabilité car je ne note jamais une information sans l’avoir vérifiée. Cependant, je fais des hypothèses sur certaines filiations, que je m’astreins à signaler.
Accéder à mon arbre sur geneanet.org
Je publierai de courts billets lorsque je fais des ajouts intéressants.
Bonne visite !