La paroisse (oubliée) de Pierrefeu

Extrait de la carte de Cassini du nord de Marseille. L’ovale correspond au lieu-dit Pierrefeu. Source : IGN/Géoportail

Où était Pierrefeu ?

On distingue à peine, sur cet extrait de la Carte de Cassini levée en 1778 sur le secteur nord de Marseille, le lieu-dit « Pierrefeu » (en diagonale montant vers la droite), tout proche de celui appelé « Cadenel ».

Pourtant, Pierrefeu était le nom d’une ancienne paroisse succursale de la paroisse de La Major, église cathédrale du diocèse de Marseille, située au nord du périmètre très important de celle-ci. Le quartier de Pierrefeu, rattaché au terroir de Marseille, jouissait donc d’un statut particulier par rapport aux quartiers voisins de Saint-Antoine (Les Beaumes), des Aygalades ou encore des deux quartiers de Séon, Saint-André et Saint-Henri, directement rattachés à la cathédrale.

Ce quartier jouxtait par ailleurs les paroisses des Pennes (aujourd’hui Les Pennes-Mirabeau) au nord, et de Septèmes, à l’est. Il se trouvait sur la voie, visible sur la carte ancienne ci-dessus, qui reliait Marseille au village des Pennes et, de là, aux bords de l’Etang de Berre.

Où trouver les archives de Pierrefeu ?

Sur le site des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, on peut accéder aux registres paroissiaux de la paroisse de Pierrefeu, séparés de ceux de La Major sur la période 1738-1792.

Du fait de son évolution à l’époque moderne (voir ci-dessous), ces registres peuvent être trouvés avec ceux de la paroisse des Pennes, sous la référence « LES PENNES-MIRABEAU » et non avec ceux des paroisses de Marseille.

J’ai cependant réalisé, pour mes recherches personnelles et sous forme de tableau, les relevés systématiques et filiatifs des mariages célébrés dans cette paroisse sur sa période d’activité propre, soit 1738-1792. Comme toujours en pareil cas, j’invite mes lecteurs qui y trouveraient des informations les intéressant à aller les vérifier directement sur les sources, librement disponibles sur internet.

Qu’est devenu Pierrefeu ?

La paroisse de Pierrefeu, devenue le village des Cadeneaux (du nom Cadenel rencontré plus haut, un patronyme très répandu dans la paroisse), a été intégrée à la commune des Pennes, créée autour du village et de la paroisse du même nom devenue en 1902 Les Pennes-Mirabeau, en s’adjoignant soit le nom du célèbre tribun d’origine provençale, soit un mot provençal rappelant que la vue depuis le village est agréable à l’oeil (mira beù), les explications en la matière divergeant.

Disons-le tout net, ce regroupement est un contresens géographique et historique. En effet, le Col de l’Assassin qui sépare encore aujourd’hui le village des Pennes de celui des Cadeneaux, constitue une des rares passages naturels pour sortir de la « cuvette » marseillaise entre la Chaîne de la Nerthe et le Massif de l’Etoile. Il était donc logique que la paroisse en-deçà du col dépende du terroir de Marseille tandis que celle au-delà du col dépendait du terroir d’Aix-en-Provence. Du point de vue urbanistique, le constat est le même puisque la chaîne des quartiers au nord de Marseille est ininterrompue depuis la Porte d’Aix et les Crottes jusqu’aux Cadeneaux, en passant par la Cabucelle, Saint-Louis, La Viste, Saint-Antoine (quartiers de Marseille) et La Gavotte (quartier des Pennes-Mirabeau, rattaché aux Cadeneaux). Elle est cependant coupée par le col, qui laisse un large espace naturel non urbanisé au passage de la Nerthe, séparant la tache urbaine marseillaise de celle voisine des Pennes.

Notons enfin que le lieu-dit « Pierrefeu » existe toujours, à quelques centaines de mètres à l’ouest de l’église actuelle des Cadeneaux, au coeur d’un quartier paisible où demeure quelques activités agricoles en cette bordure de ville.

Outre que j’ai grandi, comme mes parents, autour de cette limite entre les Pennes-Mirabeau et Marseille et que j’ai beaucoup fréquenté le village des Cadeneaux, héritier de Pierrefeu, le patronyme CADENEL, que la topographie a conservé et déformé, m’a permis de me découvrir des parentés inattendues avec deux amis.

Mais cela fera peut-être l’objet d’une autre histoire…

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