Mon ascendance provençale sur 4 siècles

Passant quelques jours à Marseille, j’ai fait un saut aux archives départementales des Bouches-du-Rhône pour consulter les relevés réalisés par l’Association généalogique des Bouches-du-Rhône (cote 35 F, brochés) afin de compléter l’exploration de l’ascendance de Laurence Julie GILLY (SOSA 51, lien vers mon arbre geneanet.org), très concentrée sur ce département. Après analyse, j’ai pu également constater qu’une branche de son ascendance venait en réalité de Simiane-la-Rotonde (canton de Banon, arrondissement de Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence) et non de Simiane-Collongue (canton de Gardanne, arrondissement d’Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône), bien que leurs enfants se soient mariés à Aix. Comme quoi, il faut toujours être vigilant.

Cet épisode me donne l’occasion de vous parler de la plus provençale de mes ancêtres, cette Laurence GILLY qui était l’arrière-grand-mère de mon grand-père maternel et la belle-mère de Léon MARC (SOSA 24) à qui j’ai consacré un article spécifique. A sa génération (la VIe dans mon arbre), elle était la seule de mes ancêtres à être née dans les Bouches-du-Rhône de parents originaires de ce département. En remontant ses propres ancêtres, j’ai ainsi pu prouver la présence de mes ancêtres dans les terroirs marseillais et aixois depuis le début du XVIe siècle et la seule limite à cette recherche est à ce stade la disponibilité des sources puisque j’ai pu mener une recherche quasi exhaustive de toutes mes branches dans ce département.

Une autre manière de le dire est que c’est à cette arrière-arrière-arrière-grand-mère que je dois d’être moi-même marseillais, toutes mes autres branches ayant convergé au fil de l’histoire et des alliances vers cette ville et son terroir en venant d’ailleurs.

Sources utilisées

Comme toujours, mes principales sources pour ces recherches ont été le site des archives départementales des Bouches-du-Rhône et celui des archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence qui proposent tous deux une navigation particulièrement fluide et efficace pour accéder à une quantité impressionnante de documents numérisés, d’état-civil, de registres paroissiaux et de bien d’autres fonds utiles au généalogiste.

J’ai également utilisé les travaux de l’Association généalogique des Bouches-du-Rhône et notamment cette initiative on ne peut plus précieuse que constitue la mise en ligne gratuite sous forme de tableaux de plus de 500 000 mariages du département à toutes les périodes.

Idem pour les Alpes-de-Haute-Provence où les données mises en ligne par le Cercle Généalogique des Alpes-de-Haute-Provence via le système Geneabank m’ont très souvent permis d’accélérer ou d’aiguiller mes recherches dans ce département.

Degré de connaissance de l’ascendance de Laurence GILLY

L’ascendance de Laurence GILLY est connue à ce jour sur 12 générations. Elle comporte 413 individus distincts dont 36 sont en réalités des doubles, c’est-à-dire qu’ils sont présents à deux endroits de l’arbre. Le nombre d’ascendants connus est donc de 413 + 36 = 449.

Le graphique ci-dessous fait apparaître le taux de connaissance des ancêtres de Laurence GILLY ainsi que l’implexe de son ascendance au fil des générations.

On constate que le taux de connaissance des ascendants de Laurence GILLY reste supérieur à 50% jusqu’à la VIIIe génération, qui correspond à ma propre XIIIe génération, ce qui démontre une bonne connaissance de son ascendance. Ceci est rendu possible par la concentration géographique de ses ascendants, notamment dans les Bouches-du-Rhône et dans les Alpes-de-Haute-Provence, où j’ai accès à des instruments de recherche très performants. A titre de comparaison, je ne connais à ce jour que 160 ancêtres de mon propre père, né exactement 100 ans après Laurence GILLY et, pour lui, le taux de connaissance passe sous les 50 % à partir de la Ve génération, correspondant à ma propre VIe génération…

Dans le même temps, l’implexe reste assez faible dans son ascendance, ce qui traduit cette fois, au sein même d’une aire géographique assez circonscrite, la forte circulation de ses ancêtres qui passent au fil des branches et des générations du terroir de Marseille à celui d’Aix-en-Provence et, plus ponctuellement, à celui de Salon-de-Provence. Enfin, plusieurs branches quittent les Bouches-du-Rhône pour les départements voisins, en remontant le temps. C’est cette mobilité qui empêche une trop forte consanguinité en limitant l’endogamie.

A quoi ressemble la canopée de Laurence GILLY ?

La canopée est l’ensemble des ascendants d’une personne dont au moins un parent est inconnu.

Pour la présenter rapidement, suivant les définitions présentées dans l’article que j’ai consacré à cette notion de canopée, on peut dire que :

  • sa génération de base est la VIe, correspondant à ma propre XIIe génération, ce qui signifie que tous les ancêtres de Laurence GILLY jusqu’à la VIe génération sont connus,
  • sa génération de cime est la XIIe, correspondant à ma propre XVIIe génération, soit la  plus lointaine génération connue pour les ascendants de Laurence GILLY,
  • l’épaisseur de la canopée est donc 12 – 6 + 1 = 7 générations,
  • elle compte 232 individus (effectif de la canopée) en tenant compte des doubles (en réalité 216 individus distincts et 16 doubles), qui donnent un poids de la canopée de 64,34 – la méthode de calcul, détaillée dans l’article cité, pondère davantage les individus les plus lointains dans l’ascendance et pondère moins les plus proches,
  • l’étagement de la canopée, quotient de son poids par son effectif, est donc de 64,34 / 232 = 28 % et, de fait, la canopée de cet arbre est plutôt étagée,
  • à la XIIe génération, Laurence GILLY compte  2048 ascendants théoriques (2^(12-1) = 2048) ce qui permet de calculer l’ombrage de la canopée égal à 64,34 / 2048 = 3 % et donc de dire que cette canopée est très clairsemée.

Dans leurs grandes lignes, ces quelques données permettent de constater ce qu’intuitivement on percevait, à savoir que l’ascendance de Laurence GILLY est connue jusqu’à des époques et des générations très anciennes et de manière très complète jusqu’à des générations elles aussi reculées dans le temps. Cependant, entre la VIe et la XIIe génération, son arbre d’ascendance est très étagé puisque à chaque génération on a de nouveaux ascendants inconnus jusqu’à la XIIe où seuls 20 individus sont connus sur 2048 individus théoriques.

Origines géographiques

L’analyse de la canopée de Laurence GILLY permet de déterminer de manière quantitative la répartition de ses origines géographiques aussi loin que l’on puisse remonter dans son ascendance.

Rappel de la méthode

On peut utiliser la canopée comme outil quantitatif de détermination des origines d’une personne, comme je l’ai déjà fait dans l’article consacré à l’ascendance d’Oliva MONTEROSSO. Pour cela, il faut attribuer à chaque individu un coefficient qui mesure la part qu’il occupe dans l’ascendance de Laurence GILLY. Par exemple, son père et sa mère occupent chacun une part d’1/2, ce qui est tout à fait intuitif. Ainsi, son père étant marseillais et sa mère aixoise, Laurence sera, vue de la génération de ses parents, moitié marseillaise moitié aixoise.

On peut ainsi regarder les origines de Laurence GILLY comme celles de ses ancêtres à chacune de ses générations, ce qui donne autant de répartitions différentes. C’est ce que j’explique dans l’article consacré aux origines. On sera cependant bloqués dès lors qu’on rencontre à une génération donnée des individus inconnus, qui vont laisser une part d’ombre dans les origines à cette génération. Cette part d’ombre ne peut que croître car si des individus sont inconnus, leurs parents et toute leur ascendance le sont aussi.

Les origines déterminées non pas à une génération donnée mais dans la canopée permettent de s’affranchir de cette difficulté puisqu’on ne s’intéresse qu’aux plus lointains individus connus dans chaque lignée et on regarde comment ils contribuent aux origines de la souche de l’arbre ou de la branche.

Le part de chaque individu dans les origines est déterminée par deux composantes : une part personnelle, qui est identique au poids personnel utilisé pour calculer le poids de la canopée, et une part générationnelle, qui est au contraire différente du poids générationnel. Cette part générationnelle se calcule en partant de la souche de l’arbre, qui a une part générationnelle de 1, ses parents une part de 1/2 chacun, ses grands-parents 1/4 chacun, etc. jusqu’à la génération i dont chaque individu a une part générationnelle de 1/2^(i-1). Attention, les individus doubles doivent être comptés autant de fois qu’ils apparaissent dans l’arbre et avec à chaque occurrence la part générationnelle correspondant à la génération qu’ils occupent.

J’indique tout de suite que cette approche a deux limitations fortes à prendre en compte :

  1. Les migrations antérieures aux individus connus les plus anciens ne sont pas prises en compte. Rien d’étonnant à cela, puisqu’on est contraint naturellement par la connaissance limitée des individus.
  2. Moins triviale, la présence d’individus nés de parents inconnus, dont le lieu pris pour origine correspond souvent à l’emplacement de l’hôpital qui les a recueillis et non à une la véritable origine géographique de leurs parents. Cette seconde limitation est moins significative mais elle peut peser, notamment lorsque l’individu orphelin est assez proche dans l’arbre et donc pèse pour une part importante dans les origines.

Approche quantitative

Dans le cas de Laurence GILLY, sans reprendre l’intégralité du calcul, les résultats quantitatifs sont les suivants :

Répartition des origines de Laurence GILLY par sa canopée

Laurence GILLY est donc majoritairement originaire des Bouches-du-Rhône et plus précisément d’Aix-en-Provence et de son terroir (Bouc-Bel-Air, Eguilles, Lambesc, Saint-Cannat, Vauvenargues, etc.) puis des Alpes-de-Haute-Provence et même en majorité, par plusieurs branches différentes, du sud-ouest du département (Simiane-la-Rotonde, Montlaux, Forcalquier). Elle est donc sans conteste la plus provençale de mes ancêtres puisque ses origines non provençales représentent moins de 3 % du total (Les Côtes-d’Arey, Gap et Loze en Dauphiné).

La plus longue lignée provençale de mon arbre

Je voudrais terminer ce billet en explorant rapidement l’une des plus longues lignée de mon arbre entièrement situées dans les Bouches-du-Rhône. Elle commence naturellement dans la branche de Laurence GILLY et se poursuit jusqu’à moi-même, sur 17 générations. J’ai choisi celle-ci parmi les 20 qui sont connues à ce jour (et qui partent des 20 ancêtres connus de Laurence GILLY à la XIIe génération) parce qu’elle est celle qui illustre le mieux la mobilité de mes ancêtres entre les terroirs marseillais et aixois.

Cette lignée part de Claude AURAN (SOSA 106 436 par rapport à moi), dont le fils s’est marié à Marseille en 1586.

Les patronymes (conjoints entre parenthèses), lieux et dates de mariage rencontrés dans cette lignée sont les suivants :

  • AURAN (BREST, OLLIVIER, CASTEL) : Marseille – La Major, 1582-1610,
  • CASTEL (HUGUES, ARTAUD, ARQUIER, ROLAND) : Aix – Sainte-Madeleine et Saint-Sauveur, 1638-1733,
  • ROLAND (FERAUD) : Aix – Les Milles, 1756,
  • FERAUD (DECOME) : Aix – Les Milles, 1783,
  • DECOME/DECOMIS (MARTIN) : Aix, 1814,
  • MARTIN (GILLY) : Bouc-Bel-Air – Albertas, 1853,
  • GILLY (ROUX) : Aix, 1874,
  • ROUX (MARC) : Marseille, 1900,
  • MARC (REBOUL) : Marseille, 1930,

Ces mouvements illustrent la bipolarité de la région entre Aix et Marseille, dont les deux villes jouent le rôle d’attracteur et créent donc des allers-retours au fil des générations.

Cette épithète de « la plus provençale de mes ancêtres » pourrait être partagée par Laurence GILLY avec sa fille, Emilie ROUX, dont les ancêtres paternels sont très majoritairement originaires de Haute-Provence mais aussi par une arrière-grand-mère de mon arrière-grand-père maternel-maternel, Marie ARMAND (lien vers mon arbre geneanet.org), dont l’ascendance est très concentrée autour de la Montagne de Lure. Pourrait-elle cousiner avec les ancêtres de Laurence GILLY originaires de Forcalquier et ainsi faire apparaître un lointain cousinage entre mes grands-parents maternels ?

Ceci est une autre histoire…

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